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Les trois éoliennes d’Eolmed flotteront en mer d’ici 2026
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Les trois éoliennes d’Eolmed flotteront en mer d’ici 2026

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Deuxième projet phare de l’éolien flottant en Occitanie, Eolmed, porté par l’énergéticien Qair, va aboutir. La première éolienne a été érigée à Port-la-Nouvelle (Aude), les deux autres suivent : la ferme pilote commencera à produire début 2026, l’équivalent de la consommation de 50 000 habitants. Ce projet aura nécessité dix ans de démarches et 350 millions d’euros d’investissement.

La première éolienne flottante d’Eolmed a été assemblée. Les deux autres vont suivre d’ici la fin 2025 — Photo : Rémi Hagel

Dix ans après avoir ouvert ses bureaux à Port-La-Nouvelle, le montpelliérain Qair (730 salariés, CA non communiqué) voit son projet Eolmed devenir réalité : la première éolienne flottante de 10 MW a été élevée, positionnée sur son flotteur, le long du quai. Courant novembre, elle sera conduite sur son point d’ancrage en mer, à 18 km des côtes audoises. Les deux autres éoliennes vont à leur tour être fixées sur les flotteurs achevés respectivement en juin et juillet dernier. Leur assemblage avait démarré début 2023. D’ici la mi-décembre, elles la rejoindront, constituant ainsi la future ferme éolienne Eolmed, d’une puissance de 30 MW. La connexion sera opérée fin décembre 2025-début janvier 2026. Après quelques semaines de mise en route, la ferme produira en électricité l’équivalent de la consommation de 50 000 habitants, soit une ville comme Narbonne.

350 millions d’euros investis

Eolmed aura mobilisé 350 millions d’euros, investis par les actionnaires du projet : Qair (62 %), TotalEnergies (20 %), BW Ideol (5 %) et un pool de collectivités (12 %). "Notre projet est atypique par le nombre de drapeaux français alignés sur nos fournisseurs de rang 1", souligne Olivier Guiraud, pilote d’Eolmed chez Qair. Hormis l’incontournable constructeur d’éoliennes danois Vestas, les autres sont français : les flotteurs ont été conçus par BW Ideol (Bouches-du-Rhône), et réalisés par ArchiMed, association des groupes Matière (Cantal) et Ponticelli (Paris). Bourbon (Marseille) assure l’installation en mer et RTE le raccordement.

Olivier Guiraud, responsable d’Eolmed pour Qair, Didier Codorniou, élu régional et président de la Semop de Port-La-Nouvelle et Eric Fouillot, responsable des relations institutionnelles chez Qair, président de l’UIMM Méditerranée Ouest, célèbrent l’aboutissement prochain du projet — Photo : Rémi Hagel

Des dimensions XXL

Eolmed est de même dimension que l’autre projet local, EFGL (Éoliennes flottantes du Golfe du Lion) mené par Ocean Winds, également assemblé à Port-La-Nouvelle et installé au cours de l’été 2025. Les chiffres industriels impressionnent : un flotteur de 45 m x 45 m x 17 m pèse plus de 3 500 tonnes. Le chantier d’assemblage a mobilisé jusqu’à 700 personnes, représenté 130 km de soudure quasi entièrement réalisées à la main et 12 hectares de peinture. Les éoliennes atteignent 198 mètres de haut en bout de pâles. Elles auront nécessité une grue de plus de 140 mètres en bout de crochet : "On n’en trouve qu’une dizaine en Europe", glisse Olivier Guiraud. Quant à l’Horizon Arctic, le bateau du groupe Bourbon, qui installe les ancres, "il y en a moins de dix dans le monde". Et pourtant, "là, on ne parle que d’un petit projet", commente Olivier Guiraud.

Une filière est en train de naître

En effet, ces fermes pilotes (parce que dotées d’un nombre limité d’éoliennes) sont issues de l’appel à projets lancé par l’État en 2015. Elles constituent une première marche de test en France pour accélérer la production, avec des projets de plus grande ampleur. L’appel à projet n° 6, qui a été remporté par EFGL, sera d’une puissance de 250 MW. Le n° 9, en cours, et pour lequel Qair compte se positionner, porte sur 500 MW. Le n° 10 devrait atteindre 1 GW.

L’installation de ces deux fermes pilotes apparaît comme la concrétisation des lourds investissements dans l’infrastructure portuaire (environ 600 millions d’euros) réalisés par le Conseil régional Occitanie et la Semop (société d’économie mixte à opération unique) du port, qui compte la Région et Qair entre autres actionnaires. Elle esquisse surtout les bases d’une filière de l’éolien maritime occitan riche de promesses.

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