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Repris par un consortium, Black Star vise un retour à l’équilibre
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Repris par un consortium, Black Star vise un retour à l’équilibre

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Le tribunal de commerce d’Arras a validé, le 17 juin 2026, la reprise de Black Star par un consortium d’entrepreneurs. Le projet préserve 91 emplois sur le site de Béthune et ambitionne de relancer durablement l’unique industriel français du pneu reconditionné pour véhicules légers.

La marque de pneus rechapés Léonard est produite à Béthune, sur la friche laissée par l’ancienne usine Bridgestone — Photo : Jeanne Magnien

L’avenir de Black Star est désormais fixé. Placée en redressement judiciaire depuis mai après plusieurs mois de procédure de sauvegarde, l’entreprise spécialisée dans le reconditionnement de pneumatiques a été reprise par un consortium conduit par Cédric Meston, aux côtés d’Arnaud Hage et d’Adrien Eymard. Elle était auparavant, détenue par le groupe nordiste Mobivia. La décision a été officialisée le 17 juin par le tribunal de commerce d’Arras.

Cette reprise permet de préserver 91 emplois sur les 150 que comptait l’usine de Béthune, implantée depuis 2021 au sein de l’ancien site Bridgestone. Elle s’accompagne d’un projet de relance baptisé "Black Star Next", qui vise à repositionner le pneu reconditionné comme une alternative économique et environnementale au pneu neuf.

Une position de marché unique

Fondée il y a 46 ans en région lyonnaise, Black Star revendique une position unique sur le marché français. L’entreprise est aujourd’hui le seul industriel du pays spécialisé dans le reconditionnement de pneus pour véhicules légers et utilitaires. En 2025, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 14,7 millions d’euros pour 327 000 pneus vendus.

Le plan présenté par les repreneurs repose sur un recentrage de l’activité sur le seul site de Béthune afin de réduire les coûts fixes et de résorber une "surcapacité structurelle", pose un communiqué. La production devrait atteindre 183 000 pneus au second semestre 2026, puis 316 000 unités en 2027 et 436 000 en 2028. Les dirigeants visent un retour à l’équilibre dès la fin de cette année.

"Reprendre Black Star, c’est sauver un actif industriel unique et des dizaines d’emplois. C’est aussi une évidence stratégique : nous sommes au croisement du pouvoir d’achat, de l’économie circulaire et de la souveraineté industrielle. Notre ambition est double : réussir un retournement rapide et bâtir une nouvelle catégorie sur le marché du pneu," déclare, dans un communiqué, Cédric Meston, repreneur de Black Star et président du Board.

De nouveaux débouchés

Pour sécuriser cette trajectoire, Black Star s’appuiera notamment sur les contrats déjà noués avec Mobivia et Bridgestone, tout en développant de nouveaux débouchés auprès des gestionnaires de flottes, des réseaux de distribution spécialisés et du e-commerce.

Au-delà du sauvetage industriel, les nouveaux actionnaires affichent une ambition de croissance. Ils misent sur un contexte désormais favorable au développement du pneu reconditionné : hausse du prix des pneumatiques neufs (+ 25 % entre 2021 et 2024), pression sur le pouvoir d’achat et un cadre réglementaire favorable. La loi AGEC affiche en effet un objectif national de 5 % de reconditionné d’ici 2028, avec un soutien de 6 € par pneu rechapé, via les éco-organismes. À horizon 2030, l’effectif pourrait atteindre 144 salariés.

Une équipe renouvelée

La reprise marque également l’arrivée dans l’industrie du pneumatique d’un entrepreneur qui se spécialise dans les dossiers de retournement. Âgé de 31 ans, Cédric Meston s’est fait connaître comme cofondateur de la marque parisienne de produits végétariens HappyVore, avant de se lancer dans la reprise d’entreprises en difficulté. En 2025, il avait notamment piloté le rachat de Tupperware France, avec l’ambition de relancer la marque dans plusieurs pays européens. Ancien consultant spécialisé dans la restructuration, il a également participé à la reprise de plusieurs PME des secteurs alimentaire et industriel.

À ses côtés, Arnaud Hage, nommé président de Black Star Next, apporte une expérience de plus de vingt-cinq ans dans le restructuring, tandis qu’Adrien Eymard, ancien dirigeant chez Continental France et Aumovio, prend la direction générale de l’entreprise. Laurent Cabassu, ancien directeur général de Black Star, garde un rôle consultatif au board.

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