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Rennes : Reprise de la lingerie Huit : l'emploi a pesé
Rennes # Textile et mode

Rennes : Reprise de la lingerie Huit : l'emploi a pesé

En décrochant la reprise du fabricant rennais de lingerie et maillots de bain Huit, Trendy Capital à Millau (marque Canat) a balayé un projet de reprise interne. C'est le nombre d'emplois repris, 38 sur 71, qui a pesé dans la balance. Explications.

"La différence s'est faite sur l'emploi", analyse un observateur proche du dossier de reprise du fabricant rennais de corseterie et maillots de bain Eveden Huit, placé en redressement judiciaire en avril 2016. Le plan du repreneur, Trendy Capital basé à Millau dans l'Aveyron (12) et qui porte la marque de lingerie fine Canat (62 salariés, CA 2015 : 6,4 M€ pour 419.000€ de résultat net), prévoit de maintenir 23 salariés à Rennes, deux stylistes à Paris et 13 démonstratrices en magasins (sans compter les CDD pour la période estivale), soit un total de 38 emplois. Ils étaient auparavant 63 sur Rennes et 8 à Paris...

L'heure des comptes

Le projet de reprise alternatif*, mené par Jean-René Ferrec, directeur du site depuis un an et demi (mais 25 ans de maison) et qui reste en place, prévoyait quant à lui le maintien de 29 emplois en totalité, pour un chiffre d'affaires ramené autour des trois millions d'euros. Trendy Capital a annoncé au tribunal maintenir le chiffre d'affaires actuel de 5,5 millions d'euros. Il devra faire ses preuves pour stopper les pertes de trois millions d'euros depuis 2010. Sur un marché de la lingerie jugé difficile, en baisse chronique de 2 à 3% chaque année, le repreneur espère équilibrer les comptes en 2017 pour atteindre la rentabilité à l'exercice suivant. A ses belles heures, Huit était monté à plus de 200 salariés et 20 millions d'euros de chiffre d'affaires. Aujourd'hui, l'activité s'équilibre à 50/50 entre la production de lingerie et de maillots de bain.

Un déménagement en vue

Le projet de reprise acté prévoit également, à la demande du tribunal, de déménager sous les trois mois l'atelier de production rennais, actuellement surdimensionné et onéreux sur 8.000m². Le site rennais devrait être ramené à 600m², toujours dans la métropole rennaise et pourquoi pas la même zone industrielle au sud-est de Rennes. Des pourparlers sont lancés. C'est notamment ce point noir immobilier qui a entraîné la chute de l'entreprise, ainsi que ses stocks de produits finis, désormais transférés et gérés à Millau. Un premier redressement judiciaire, en 2010, lui a fait perdre également des clients importants et son rang qu'elle n'a jamais retrouvé depuis, et ce malgré son rachat en 2012 par le groupe japonais Wacoal. Le futur redimensionnement de toute la gestion et la structure même de la société, désormais appelée Huit France, doit maintenant lui permettre de perdurer.

(*) Le projet d'un troisième repreneur, dont le père avait été propriétaire de l'entreprise Huit fondée en 1968, n'a pas été jugé crédible. Il comptait reprendre tout le personnel mais sans le financement associé.

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