Avec Fireguard, le groupe Otego (près de 40 M€ de CA ; plus de 150 salariés) applique son expertise des matériaux souples et textiles à un nouveau défi : préserver le patrimoine mondial lorsqu’un incendie survient.
Basé près de Lyon, à Dagneux (Ain), Otego est à l’origine un spécialiste des matériaux souples et textiles de haute performance capables de résister à des environnements industriels particulièrement contraignants : fortes températures, projections, abrasion ou encore risques d’incendie. Ses produits sont utilisés dans l’industrie du caoutchouc, la protection thermique ou les équipements destinés aux machines industrielles. Plus de 85 % des ventes sont réalisées à l’international où le groupe s’est imposé comme un acteur de référence sur ces marchés de niche.
Innovation et robotisation
Fireguard constitue une illustration concrète de cette expertise propulsée par sa politique d’innovation et d’industrialisation. Au printemps 2026, elle annonçait un investissement de trois millions d’euros pour moderniser son site de production, avec l’introduction de robots afin d’améliorer la qualité, réduire la pénibilité et répondre aux difficultés de recrutement de l’industrie.
" Fireguard est né d’un travail mené depuis plusieurs années avec des institutions culturelles françaises et des services d’incendie et de secours afin de répondre à un besoin très concret : protéger les œuvres lorsqu’un sinistre survient ", résume Thierry Mosa, président du groupe.
La solution prend la forme de couvertures ou de housses ultralégères destinées à protéger les œuvres d’art lorsqu’un sinistre survient. Leur rôle est de limiter simultanément les effets de la chaleur, des fumées, des suies ainsi que des projections d’eau provoquées par les systèmes d’extinction.
Préserver de la chaleur intense
Les performances revendiquées sont significatives. " Fireguard a été exposée à une chaleur radiante équivalente à environ 450 °C pendant 30 minutes. Alors que la température atteignait près de 310 °C à la surface de la protection, celle mesurée derrière la couverture restait comprise entre 40 °C et 60 °C ", explique Grégoire Bernand, responsable produit protection du patrimoine chez Otego. Selon lui, ces essais démontrent la capacité de la solution à limiter les transferts thermiques et à préserver les œuvres face à une exposition prolongée à une chaleur intense.
Investir le marché américain
Depuis son lancement en 2021, plusieurs milliers de protections ont ainsi été déployées dans des musées, bibliothèques, monuments et institutions patrimoniales comme le Musée national Picasso à Paris et le Musée des arts décoratifs de Madrid.
Le groupe voit désormais les États-Unis, où se concentrent près de 44 % des collections d’art privées mondiales, comme un relais de croissance majeur. Les incendies survenus en Californie ont rappelé la vulnérabilité des collections, tandis que les pertes assurées sur les œuvres d’art et objets de collection pourraient atteindre 2,3 milliards de dollars selon le fournisseur majeur en matière de couverture d’assurance Lloyd’s à la suite des incendies de 2025.