Hugues Meili a vécu un CES 2015 "particulier". Il raconte : "Nous étions quelques dizaines de Bretons à nous retrouver au CES 2015 à Las Vegas, arrivés en petits groupes différents dont celui emmené par Bretagne Commerce International." Après quelques "péripéties" de voyage (liées aux conditions météos et à la perte de bagages), "on oublie vite les désagréments quand on plonge dans cette grand-messe mondiale du numérique grand public qu’est le CES … et dans tous les tracas du quotidien de la grande cité au milieu du désert qui n’est décidément pas faite pour travailler en toute quiétude !", confie le dirigeant rennais.
Des objets marquants : "internet de tout et n'importe quoi"
"Beaucoup d’objets parfois totalement inattendus défraient la chronique du CES mais au-delà de leur effet médiatique assuré et souvent éphémère, quelques tendances de fond m’ont marqué ; je les relate ici presqu’à chaud et sans l’ambition d’être exhaustif ou précis :
- L’internet des objets (IoT pour Internet of Things) est partout, tous les objets sont dorénavant connectés ou en passe de l’être, générant la perception d’invasion voire de violation d’intimité, sorte d’Internet de Tout – et n’importe quoi – (IoE pour Internet of Everything) ; de la pédale de vélo à la fourchette en passant par le biberon et les vêtements, les données générées par ces objets armés de capteurs performants et communicants sont aussi volumiques que diverses et l’enjeu de savoir « les faire parler » est clé : on plonge dans le fameux Big Data ou plus précisément dans le Data Management, univers entièrement logiciel qui valorise les modèles mathématiques les plus aboutis ou les plus fous…"
"A ce propos, les fameux GAFA (Google Apple Facebook eu autres Amazon), s’ils sont omniprésents lorsqu’on parle de données, de confidentialité et d’intimité numériques, ne sont pas explicitement présents. Pas plus d’ailleurs que les grands acteurs du matériel informatique d’entreprise tels que HP, IBM ou DELL, ou du logiciel applicatif d’entreprise tels que ORACLE, SAP ou SALES FORCE. Le CES est avant tout un évènement tourné vers les usages du grand public et les constructeurs automobiles, les fabricants d’électroménager, les acteurs de la télévision, de la photographie, des mobiles et autres tablettes règnent en maîtres absolus."
Contrastes
"De ce point de vue, le contraste entre d’une part les géants, acteurs globaux souvent d’origine asiatiques tels que Samsung, Panasonic, Sony, Toshiba, Nikon, Sharp ou LG sauf lorsqu’il s’agit d’automobile où les Mercedes, BMW, Volkswagen ou encore Chrysler côtoient les Toyota ou Hyundai, et d’autre part les « start-up » ou entreprises de tailles très réduites et de positionnements très verticaux, est saisissant ; on mesure le chemin à parcourir par les seconds pour disposer de la puissance de marque, du rayonnement commercial et du déploiement géographique, des premiers."
Place respectable de la France
Hugues Meili poursuit : "On s’interroge sur les voies de développement industriel et commercial de nos acteurs français, très présents cette année, sur ce marché résolument dévoreur de capitaux et totalement mondial. Il y a profusion de start-up plus ou moins avancées et financées, et quelques acteurs de taille intermédiaire, dans les objets connectés notamment avec Parrot, Withings ou encore Netatmo, portent haut les couleurs de notre Pays dont on mesure toutefois qu’il est dorénavant respecté pour son ingéniosité et sa détermination à occuper le devant de la scène, ministre de l’Economie et deux de ses collègues en tête sur fond de French Tech tout azimut. J’ai senti une vraie unité de notre pays sur place, avec également une représentation forte du Medef et du Cigref, Fédération des directeurs du numérique des grandes entreprises françaises et cette unité d’ailleurs s’en est trouvée particulièrement forte et émouvante lorsqu’il s’est agi de porter les badges #JeSuisCharlie imprimés et distribués en catastrophe.
Moins d'impression 3D
On a beaucoup moins parlé d’impression 3D cette année, on sent le sujet en phase de plus grande maturité et de début de consolidation… de même, un peu moins de maison connecté ou intelligente… même si la gestion de l’énergie reste une préoccupation de fond, autant parce que tous ces objets connectés doivent afficher de fortes autonomies de fonctionnement – on ne peut pas mettre des piles dans un capteurs de quelques grammes – que parce que cette connectivité tout azimut est clé dans la gestion des dispositifs multi-énergétiques envahissant la maison et l’automobile, voire la continuité entre les deux. Les véhicules deviennent véritablement intelligents, de nouvelles interfaces, gestuelles ou par la voix notamment, permettent de commander en toute sécurité des services de plus en plus avancés d’assistance au respect de la sécurité routière, d’optimisation des trajets empruntés, de l’identification et de la recherche de parking en mode « réseau social routier »… On sent une part croissante d’autonomie de conduite de la voiture et d’interaction avec son environnement. L’électroménager connecté, machines à laver le linge ou la vaisselle, réfrigérateurs, fours et plaques de cuisson, robots alimentaires mais aussi aspirateurs devenus agents de surveillance sécuritaire du logement, offrent la perspective de bouquets de services de plus en plus avancés : mon bracelet ou mes chaussures connectés indiquent l’énergie dépensée de la journée dans le cadre de mes mouvements et ma cuisine me propose, en tenant compte des produits qui restent au réfrigérateur, de l’heure, du nombre de personnes à table et des conditions météorologiques, quelques variétés de repas à la confection desquels elle m’assiste fortement à travers des recettes interactives projetées sur la crédence du plan de cuisson. Bien entendu, les systèmes vidéo de type télévisions et caméras en tout genre continuent à progresser en résolution et restitution qualitative, mais à cela on est davantage habitué.
Les drones en force
Au-delà de la multiplication des bracelets, montres et capteurs proches du corps en tout genre, les drones font vraiment une entrée royale au salon… Ils occuperont demain une place clé tant dans des applications de divertissement que dans des usages très professionnels d’inspection et de maintenance en conditions d’accessibilité difficile.
La Poste très remarquée
Il n’y a donc plus qu’à inventer, produire, et gérer les services en tout genre que cette débauche d’objets connectés et de données associées, permettent de créer… sans aucune autre limitation que celle de l’interopérabilité entre tous, de la confidentialité associée et aussi, ne l’oublions pas, de les monétiser et d’en assister l’usage… sans quoi le consommateur, à qui le CES s’adresse avant tout, va s’y perdre ! De ce point de vue, Niji était très fier de voir le fruit de quelques-unes de ses coopérations avec La Poste, présent en force : confiance et sécurité, proximité terrain et humaine, image d’accessibilité et de simplicité, capacité à opérer et facturer des services de mise en relation de bout en bout, entre les hommes mais aussi entre les hommes et les machines, la promesse numérique de la marque et du groupe au petit logo jaune est réelle et leur présence à Las Vegas a peut-être été de celles les plus remarquées.