D'un côté des acteurs nantais de l'immobilier qui se plaignent de ne pas pouvoir « percer » à Rennes ; de l'autre des groupes rennais de plus en plus présents à Nantes. Il n'en faut pas plus pour faire croire que Rennes est une forteresse imprenable et Nantes un marché ouvert. Et soupçonner un favoritisme dans certains appels d'offres... Mais est-ce vraiment le cas ?
Pas de favoritisme
Les Rennais s'en défendent. Bien entendu. Gwenaële Hamon, l'élue de Rennes Métropole réfute tout favoritisme : « Les places ne sont pas réservées et les lois du marché s'imposent ici comme ailleurs ». La nuance est ailleurs : « En revanche, il y a un grand travail avec les promoteurs locaux qui répondent favorablement à la collectivité. » L'explication serait donc dans cette réponse adaptée de professionnels qui connaissent leur territoire... et leurs élus. « Nous avons toujours eu cette image de ville fermée, mais les terrains ne nous sont pas réservés, loin de là ! », confirme Arnaud Jeulin, du groupe Performance Promotion, à Saint-Grégoire. Présent à Nantes depuis 1997, ce petit Poucet du marché (12 salariés, CA : 27,7 M€ dont 12 pour la promotion immobilière) s'y est aussi fait une place qu'il justifie pleinement : « Nous réalisons 40.000 m² à Carquefou où aucun Nantais ne voulait aller. » À Nantes comme à Rennes, « il y a de la place pour tout le monde », ajoute-t-il constatant néanmoins que les enseignes nationales ont plus de difficultés à Rennes que dans d'autres villes. Sans explication. Son seul conseil : « s'inscrire dans la durée ».
Question de compétences locales
C'est aussi une question de compétences locales selon un autre acteur du marché sous couvert d'anonymat, pour qui « Rennes n'est pas imprenable mais une ville compliquée » du fait de ces talents et de leur culture de la terre. Et de rappeler que sur les dix plus gros promoteurs privés indépendants en France, trois sont Rennais. « Ici, tous les acteurs sont liés à une structure de promotion. C'est une particularité rennaise. Ce sont des gens compétents, qui ont du cash et qui prennent des risques. S'ils n'en prenaient pas, les autres viendraient... »
« Partir de Rennes pour survivre »
« Nantes est effectivement un marché très ouvert », confie cet autre professionnel rennais. A contrario de Rennes donc : « C'est tellement galère de bosser à Rennes où il n'y a que le social qui compte ! Pour survivre, on est obligés de partir », ajoute-t-il. Il est vrai que même des acteurs locaux comme Espacil s'exportent en Loire-Atlantique. Mais « c'est possible pour des Nantais de venir travailler à Rennes », tempère cette même source. La réussite du promoteur Bâti-Armor (Bâti-Nantes) en est la preuve.
G.B.