Le nouveau bureau de René Nostriano est sobre et bien ordonné. L'homme, élu président de la Fédération régionale du bâtiment Paca fin 2008, n'a pris la succession effective de Paul Di Natale qu'en juillet dernier. Alors que son mandat débute à peine et que ses cartons débordent de projets, le chef d'entreprise revient, avec la franchise et la passion qui le caractérisent, sur le parcours qui l'amène à endosser aujourd'hui cette nouvelle fonction. Tour à tour entrepreneur, précurseur de l'international et militant syndical au service de sa profession, rencontre avec un homme engagé.
Entrepreneur dans l'âme
René Nostriano est né à Marseille en 1951. «J'y ai vécu toute mon enfance et mon adolescence, et j'y ai passé mon baccalauréat, confie-t-il. Puis, après avoir étudié le commerce, effectué mon service militaire et intégré durant quelques mois une filiale de la Soprema, j'ai créé ma première entreprise. J'avais 21 ans, et je recherchais un métier qui puisse s'exporter, et où l'on pouvait démarrer au bas de l'échelle...» La société artisanale, tout naturellement baptisée ?Nostriano?, est alors spécialisée dans le bâtiment et l'enveloppe du bâtiment. Quatre ans plus tard, celui qui n'était alors encore qu'un jeune homme fonde la Société marseillaise d'étanchéité et d'isolation (SMEI). «L'entreprise a grossi petit à petit, et, au milieu des années 80, analysant l'évolution du marché du BTP à Marseille, j'ai décidé de créer une nouvelle structure, la Société marseillaise de peinture et d'isolation (SMPI)», explique l'entrepreneur. En 1987, il décide de voir plus loin, en se lançant à l'international. Il fonde alors la Sepag, société de peinture basée en Guadeloupe, et disposant de filiales en Martinique et en Guyane. La structure emploiera jusqu'à 120 salariés. «Toutes ces entreprises coexistaient, précise René Nostriano. J'avais un directeur dans chacune d'entre elles, ce qui permettait une gestion à la fois efficace et réactive de notre activité». En 1993, l'homme, qui a racheté la société Étanchéité 13 quatre ans auparavant, choisit de rassembler l'ensemble ces structures au sein de la holding Phocea Promotion. Une plate-forme qui lui permet également d'accompagner le développement d'entreprises du BTP qui souhaitent s'installer à l'international, et notamment en Europe de l'Est. «Quand on commence à goûter à l'export, on ne peut plus s'en passer», confie-t-il aujourd'hui avec passion. Enfin, en 2002, René Nostriano créé une dernière société, SEICCF France, basée à Paris. «Au total, toutes ces entités ont représenté jusqu'à 400 salariés, estime-t-il. Mais à un moment donné, lorsque les chiffres deviennent importants, on commence à se poser des questions. Comment rester mobile et réactif? Pour certaines sociétés, j'ai donc décidé de passer la main à mes collaborateurs. Transmettre fait partie de la vie. L'aventure a été extraordinaire, et ce notamment grâce aux équipes qui m'ont accompagné. J'ai toujours placé l'humain au centre de mes réflexions...»
Au service de sa profession
Une philosophie qui a très tôt conduit le chef d'entreprise à s'engager au service de sa profession. «Être un acteur de mon territoire a toujours été l'un de mes leitmotivs, confie-t-il. Car quand on reste passif, on passe à côté de beaucoup de choses». Ainsi, entre autres responsabilités, René Nostriano a successivement endossé les habits de juge aux Prud'hommes, juge-commissaire au tribunal de commerce de Marseille, président du syndicat de l'étanchéité 13, conseiller du commerce extérieur, et président de la Fédération du BTP des Bouches-du-Rhône. Avant de devenir cette année le nouveau président de la Fédération régionale du bâtiment Paca.
Fraîchement élu président de la Fédération régionale du bâtiment Paca, René Nostriano multiplie les engagements. Cet entrepreneur, qui a dirigé jusqu'à 400 salariés, se bat désormais sur tous les fronts pour faire avancer sa profession. Rencontre avec un bâtisseur d'avenir.