Renault : 20% d'émissions de CO2 en moins
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Renault : 20% d'émissions de CO2 en moins

automobile L'usine Renault de Cléon a démarré la production du nouveau moteur diesel «Energy dCi 130». Plus de 50M€ ont été investis sur le site de Seine-Maritime afin de réaliser ce moteur qui promet une consommation et des émissions de CO2 en baisse de 20%.

«C'est un saut technologique qui nous permet de rester compétitif», s'exclame Gérard Leclercq, directeur des fabrications et de la supply chain et membre du comité exécutif de Renault, lors de l'inauguration de la nouvelle ligne de production de Cléon du moteur Energy dCi 130 (R9M), le 13avril dernier. En effet, pas moins de 15 brevets ont été déposés par Renault pour concevoir s

on nouveau moteur Energy dCi 130. Parmi ceux-ci, les plus innovants sont sans doute le nouveau système de recirculation des gaz d'échappement dit EGR (exhaust gaz recirculation) basse pression et le système stop & start avec récupération d'énergie au freinage. Un bloc-moteur doté d'une cylindrée de 1.6l, qui développe 130 ch de puissance et 320 Nm de couple et qui affiche surtout une consommation (4,5l/100km en mixte) et des émissions de CO2 en baisse de 20% par rapport au modèle qu'il remplace. Ambition pour Renault: «Prendre le leadership en niveau de CO2 en Europe dès 2015, en introduisant de nouvelles technologies sur les moteurs et transmissions conventionnels: le moteur diesel R9M fait partie de cet axe avec les nouveaux moteurs essence H4 et H5, ainsi que notre engagement dans le développement des moteurs électriques», explique Jacques Prost, directeur de l'ingénierie mécanique. En s'appuyant sur cette stratégie, le groupe au losange souhaite atteindre pour sa gamme européenne, les 120g/km en 2013 (contre 137g/km aujourd'hui), puis passer sous la barre des 100g/km en 2016 avec le véhicule électrique.




Un moteur de l'alliance Renault-Nissan Réalis


é conjointement entre Renault et Nissan, le moteur Energy dCi 130: «A permis de réduire les investissements de chaque groupe en répartissant les coûts», explique les responsables de Renault. Un projet dont le coût global se porte à 230M€ dont 51M€ investis sur les lignes d'assemblage et d'usinage de Cléon (avec une participation de la Région Haute-Normandie à hauteur de 12M€ sous forme de prêt à taux zéro): «Avec beaucoup de réadaptation de machines déjà existantes», précise Philippe Nottez, directeur du site. Choisi par l'alliance Renault-Nissan pour son expertise en matière de production de motorisations diesel, Renault et son site de Cléon doivent pouvoir produire dès 2012 jusqu'à 150.000 moteurs Energy dCi 130, par an, voire plus par la suite. Un bloc-moteur qui devrait représenter 30% des moteurs produits sur le site dès 2012. Le moteur est destiné à équiper le segment C de Renault et de Nissan, soit le coeur de gamme européen des deux constructeurs. Les modèles Scénic et grand Scénic ainsi que la Mégane seront les premiers véhicules équipés.




La stratégie Renault

Malmené par le scandale de l'affaire d'espionnage en son sein, le groupe au losange

assure par la voie de Gérard Leclercq que la feuille de route tracée pour 2012/2013 sera tenue: «Notre carnet de commandes est à son plus haut niveau». Sur la crise au Japon est d'éventuels problèmes pour Nissan ou les fournisseurs japonais du groupe, là encore, Gérard Leclercq se veut optimiste et estime que la crise liée aux fournisseurs japonais sera limitée. «Nos objectifs sont maintenus pour 2013/2016. Dans une structuration comme la nôtre, tout le monde est solidaire, constructeurs et fournisseurs: la coopération est exemplaire face à la crise que nous vivons». Pour le site de Cléon, Philippe Nottez explique qu'au total, ce sont 500 personnes qui travailleront sur le nouveau moteur dCi 130: «L'emploi va être maintenu sur le site de Cléon grâce à l'ensemble des projets que nous menons: réintégration de la fonderie d'aluminium depuis janvier, production du moteur R9M et du futur moteur électrique». En 2010, Cléon a assuré plus de 20% des besoins de Renault, explique Gérard Leclercq: «Cléon est un fournisseur international. 70% de sa production est exportée hors de France. Le site bénéficie de l'alliance car 60% de ses produits sont destinés à Nissan, Dacia ou encore Infiniti. La volonté de Renault c'est de maintenir sa technologie dans son berceau français. Les produits de forte valeur ajoutée comme le R9M sont des éléments clés de cette stratégie. Cléon est au coeur des développements technologiques et des nouvelles motorisations du groupe».



Sébastien Colle

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