Réforme des CCIT : «Nous perdons un million d'euros»

Réforme des CCIT : «Nous perdons un million d'euros»

INTERVIEW André Mounier, président de la CCIT de Saint-Etienne, dresse un point d'étape de la réforme des CCI votée il y a un an.

Cela fait aujourd'hui un an que la réforme des CCI, avec la mise en place de chambres territoriales dépendant d'une chambre régionale, a été mise en place. Est-ce que désormais, vous acceptez cette réforme à laquelle vous étiez fermement opposé? Je n'étais pas opposé à la réforme. Il était évident qu'il fallait rationaliser certains services. En revanche, je m'élevais contre les économies imposées par la RGPP (révision générale des politiques publiques) puisque notre CCI avait démontré son efficacité. Aujourd'hui, ce n'est plus la peine de revenir là-dessus, nous allons de l'avant avec une bonne volonté évidente. Saint-Étienne est un bon élève.


Qu'est-ce qui a changé concrètement pour la CCIT de Saint-Étienne/Montbrison?

Il y a deux grosses évolutions. La première concerne la stratégie régionale. Les CCIT ont l'obligation d'appliquer une politique régionale définie avec des schémas sectoriels. En Rhône-Alpes, grâce à la volonté des présidents de CCIT et de Jean-Paul Mauduy, le président de la CCIR, on peut dire que nous avons avancé très rapidement sur ce point, sans trop de heurts. La deuxième évolution concerne la mutualisation de services supports comme la paie, les RH, la compta, la com'... Nous avions anticipé: par exemple, nous n'avons pas remplacé la directrice de la communication, Monique Cassagne, lors de son départ en préretraite. Nous avons gardé une responsable communication. Idem pour les RH, nous ne remplaçons pas le DRH et le DAF.


La fiscalité remonte désormais à la CCIR qui redistribue aux CCIT. Quelles conséquences pour vous?

La répartition se fait sur la base du nombre de ressortissants, du poids fiscal, des politiques locales mises en place... Et puis, c'est aussi le fruit de nombreuses discussions et négociations. Je représente les chambres moyennes à la commission budgétaire: il n'y a pas de scandale. Très franchement, je crois qu'il n'y a pas vraiment de problème ici.


La CCIT de Saint-Étienne ne perd donc rien sur son budget 2012?

En fait, nous allons enregistrer une baisse de nos recettes fiscales de l'ordre de 15%, soit 400.000euros dès 2012, 1million d'euros sur 3 ans. C'est directement lié à la baisse de la fiscalité imposée par la RGPP. Quant à la régionalisation en elle-même, la mutualisation va effectivement permettre de réduire les coûts de fonctionnement. Ceci étant, la CCIR prélève tout de même de l'argent pour ses coûts de fonctionnement propres et la mise en place d'une stratégie régionale... C'est donc moins d'argent pour les actions locales.




Quel impact alors?

Nous sommes aujourd'hui à 208 salariés ETP. Il n'est pas exclu qu'en 2013 nous soyons obligés de prendre des mesures. Mais nous n'en sommes pas là. La CCIT de Saint-Étienne Montbrison avait anticipé. Les ressources fiscales ne représentent que 32% de nos recettes, c'est assez exceptionnel. J'ai mis en place une politique de partenariats et de services aux entreprises pertinente. Nous allons développer encore ces ressources pour mener des actions indépendantes.


Justement, que devient cette fameuse indépendance que vous avez tant défendue?

La loi nous consacre comme les représentants de l'économie locale face aux collectivités et à l'État. C'est aujourd'hui notre seule liberté mais elle est primordiale. On a évité le pire!


Bilan plutôt positif alors?

Disons que la réforme a été adoptée, on ne peut pas faire autrement aujourd'hui. Alors autant faire en sorte que cela se passe le mieux possible.