Raymond Vial : L'éleveur militant

Raymond Vial : L'éleveur militant

Éleveur de lapins à Saint-Martin-la-Sauveté, Raymond Vial préside la Chambre d'agriculture depuis 2007. Militant engagé pour sa cause, avec des idées bien arrêtées, il n'en est pas moins un homme de dialogue reconnu. Stéphanie Gallo

Éleveur de lapins à Saint-Martin-la-Sauveté (il possède aujourd'hui 500 femelles et vend plus de 26.000 lapins par an), on a du mal à imaginer Raymond Vial vivant dans un lotissement... Et pourtant, c'est bien dans un tel environnement qu'il a décidé de faire construire sa maison il y a quelques années, à quelques encablures de son exploitation. «On a pensé que les enfants seraient mieux ici et puis, cela collait parfaitement à mes idées personnelles. Je trouve que l'on gaspille beaucoup trop de foncier. Les gens préfèrent s'éparpiller aujourd'hui alors il faut faire des chemins, des canalisations et des tranchées partout!».




Défendre ses idées dans le dialogue

À 49 ans, Raymond Vial est un homme d'opinion, un homme engagé qui essaie depuis des années de faire avancer sa profession. Il a été président des Jeunes Agriculteurs, puis de la FDSEA. Il préside la Chambre d'agriculture de la Loire depuis 2007. «C'est un battant, il ne lâche jamais rien quand il sait que sa cause est juste», rapporte à son propos, son ami et vice-président de la Chambre, Marcel Augier. Ne rien lâcher certes, mais dans une attitude positive de dialogue et d'écoute. Quand de nombreux agriculteurs râlent et crient très fort leur colère, Raymond Vial, lui, affable et souriant, se pose tranquillement et préfère proposer des solutions. Une attitude qui lui a permis de repositionner la Chambre d'agriculture en bonne place dans le paysage économique de la Loire. Il est même, depuis peu, président de Loire consulaire, l'organisme regroupant toutes les chambres du département. Sa tâche est rude puisque le représentant des agriculteurs qu'il est va devoir s'entendre avec les CCI et les CMA, sur des dossiers délicats, tels que l'A45. «Cela ne me fait pas peur, il faut savoir dialoguer en toute sérénité», assure-t-il. Cette tranquillité d'esprit dont il fait preuve aujourd'hui, il l'a acquise et développée tout au long de sa carrière.




«Aujourd'hui, je ne me verrais plus paysan sans lapins»

Issu d'une famille d'agriculteurs, exploitants laitiers, il s'est installé à son compte en 1986 en reprenant une exploitation laitière de Saint-Martin-la-Sauveté, après quelques années passées à la Chambre d'agriculture en tant que conseiller agricole. «Si j'avais pu, je me serais installé avant, mais mes parents m'ont conseillé de faire d'abord mes armes ailleurs», se souvient-il. Et d'ajouter, en souriant, «à l'époque, je ne me serais pas vu être un paysan sans vaches. Aujourd'hui, je ne me verrais plus paysan sans lapins». Une réorientation qui s'est faite au gré du hasard de la vie. Puisque dès son installation, il s'est mis en Gaec, pendant plus de 20 ans, avec ses frères et son beau-frère. Très vite, il décide la partie cunicole du Gaec. Car Raymond Vial est un développeur, un entrepreneur dans l'âme. Il aime chercher et innover. «La production cunicole est très exigeante. C'est l'éleveur qui fait la différence. Un lapin est bien plus fragile qu'une vache. La moindre erreur peut décimer un élevage...». Avec un esprit décidément très pionnier, il a même créé à Saint-Germain-Laval, en 1994, l'un des premiers centres d'insémination artificielle cunicole français. La liste de ses expérimentations pourrait être bien plus longue. Passionné par son métier, Raymond Vial est capable d'en parler pendant des heures...