Qu'est ce qui explique le rapprochement entre GTB Construction et Quille? Il n'y a pas une raison en particulier, mais bien toute une série de facteurs qui expliquent la naissance de Quille Construction. Ce rapprochement est déjà assez naturel. Quille et GTB Construction ont en effet mené dans le passé beaucoup de chantiers en commun. Il y avait donc une pertinence à rapprocher deux structures aux mêmes activités: la conception et la réalisation d'ouvrages de bâtiments et de génie civil. Constituer une entité pour les régions Normandie, Picardie, Bretagne et Pays de la Loire, cela est également logique par rapport au positionnement de certains de nos donneurs d'ordres et par rapport à l'organisation française du groupe qui présente deux pôles de taille similaire dans le Sud Est et le Sud Ouest. Enfin, cette nouvelle organisation permet de nous doter de moyens complémentaires sur un territoire plus vaste. Je pense par exemple à des expertises autour de la construction durable.
Vous avez installé le siège social à Nantes plutôt qu'à Rouen, alors que le Nantais GTB était jusqu'alors une filiale du Rouennais Quille. Pourquoi?
Le choix s'est, au final, orienté vers Nantes car il s'agit de la principale agglomération de l'Ouest. Je tiens toutefois à préciser, qu'en dehors de la symbolique, cela ne change rien. Il n'y a eu aucun déplacement de collaborateurs. Aujourd'hui, nous avons deux implantations phares: Rouen où nous employons 450 personnes et Nantes. À côté de cela, nous continuons de nous appuyer sur nos onze agences de proximité.
Même symbolique, ce choix a provoqué un certain émoi en Normandie...
En toute objectivité, nous sommes vraiment à iso-périmètre. Mis à part un changement d'enseigne, le rapprochement n'a eu aucun impact. Et cela nous permet de continuer de vivre pleinement sur le territoire de l'Ouest en mettant en commun nos moyens.
À Nantes, vous vous apprêtez à quitter vos locaux actuels...
Nous nous installerons à la mi-mai dans le quartier Euronantes dans le Skyline, un immeuble de 17.000m² à vocation tertiaire et commerciale dont nous avons assuré la conception, le financement, la construction et la commercialisation. Nous allons y regrouper sur 4.000m² les deux cents collaborateurs des deux sites que nous occupons actuellement dans l'agglomération nantaise
Quel bilan tirez-vous de l'exercice 2010?
Le logement a bien soutenu l'activité en 2010 et devrait continuer de le faire en 2011. Comme tout le monde, on a senti l'effet crise. Aujourd'hui, j'ai plutôt le sentiment que le chiffre d'affaires atteint en 2010 devrait se stabiliser en 2011. Je ne vois donc pas de baisse inexorable de l'activité pour les 24 mois à venir.Je reste toutefois prudent car l'économie mondiale peut toujours connaître des soubresauts.
Quels sont vos principaux chantiers du moment?
Hormis l'immeuble Skyline (siège Nantais de la nouvelle entité), nous livrerons en décembre le centre pénitentiaire de Nantes. Nous construisons également l'hôpital d'Amiens; il s'agit là d'un des plus gros chantiers dans le domaine de la santé actuellement en France. Sinon, nous nous apprêtons à réhabiliter le Sillon de Bretagne à Saint-Herblain, un immeuble long d'un kilomètre. Toutefois, dans l'Ouest, je constate que les grands projets se font aujourd'hui plus rares. La tension sur les financements publics impacte le lancement de grands équipements. Aussi, nous devons maintenir une attention particulière sur tout ce qui constitue notre fonds de commerce: les chantiers de taille plus modestes.
Les partenariats public/privé (PPP) ne peuvent-ils pas débloquer la situation?
Le recours au PPP ne me semble pas être massif aujourd'hui. Cette politique de maîtrise d'ouvrage se décide vraiment au cas par cas. Cela veut dire que l'on ne peut clairement pas miser aujourd'hui uniquementsur le PPP. Le marché reste très majoritairement traditionnel, avec un recours à du financement classique.
L'offshore, et notamment les fondations en béton des éoliennes, constitue t-il une piste de développement?
C'est un domaine d'activité que nous suivrons en partenariat avec la branche TP du groupe.
L'éco-construction doit être beaucoup plus porteur?
En interne, nous nous attachons à modifier nos pratiques depuis plusieurs années. Avec par exemple le recours massif au tri des déchets, une meilleure communication auprès des riverains ou la mise en place du label «Chantier bleu». Au niveau de l'activité, suite au Grenelle de l'environnement, l'un des enjeux des prochaines années, c'est la performance énergétique des bâtiments publics et des logements sociaux existants. Ce marché de la réhabilitation devrait représenter une part significative de notre activité.
Quille Construction
(Nantes) Dg: Jean-Michel Mendret 2.200 salariés 500M€ de CA en 2010 02 40 99 85 56
www.quille.fr