Il faut sauver le soldat Talendi ! Dans la coulisse de l’assemblée générale du club ETI Bretagne, le 30 avril en région rennaise, et au contact de l’écosystème influent du territoire, c’est le message qu’a fait passer Damien Quillet, son directeur général. Face à un contexte de récession industrielle durablement installé, l’association Talendi (ex-Bretagne Ateliers, 500 salariés, 15,8 M€ de CA en 2024), tournée vers les services aux industriels (Airbus, Stellantis, Alstom, la SNCF…), annonçait fin avril l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Rennes. Son défi est d’élaborer un plan de réorganisation industrielle pour sécuriser son avenir et poursuivre son engagement social et industriel.
Un modèle d’entreprise inclusif et engagé
Avec 500 salariés et usagers dont 380 en situation de handicap, répartis sur quatre sites en Bretagne, Talendi défend depuis cinquante ans un modèle d’entreprise inclusif et engagé. "Cette procédure nous donne les moyens de poursuivre notre activité tout en prenant les décisions nécessaires pour garantir notre avenir. Nous sommes déterminés à construire un modèle résilient, pour préserver notre projet social, sauvegarder un maximum d’emplois, et en particulier ceux des personnes en situation de handicap", informe Damien Quillet.
Le président de Socomore à la rescousse
Talendi vient de trouver un renfort de choix dans cette étape charnière pour son avenir puisque l’expérimenté Frédéric Lescure, président du groupe vannetais Socomore (500 salariés et 120 M€ de CA), a accepté de prendre la présidence du conseil d’administration de l’association Talendi (qui coiffe l’EA et les ESAT, NDLR) depuis le 4 avril dernier.
"Si je prends aujourd’hui cette présidence, c’est en souvenir de Jean-Michel Queguiner, (le président fondateur de Bretagne Ateliers décédé en 2024, NDLR), qui m’a beaucoup aidé il y a 30 ans", exprime le capitaine d’industrie breton. Sa volonté est d’aider "le bien commun" que représente Talendi. "Je pense être légitime pour qu’on me fasse confiance et pour qu’on fasse confiance à Talendi sur son projet d’avenir. Si la Région, l’État, la DREETS, les ARS, toutes nos parties prenantes, n’acceptent pas de passer en mode turbo, on va avoir une casse monstrueuse." "Comme on est une entreprise un peu particulière, on souhaite que les choses puissent avancer de manière accélérée", complète Damien Quillet.
"Positifs et optimistes"
Dans le cadre de sa procédure collective, Talendi bénéficie d’une période d’observation de six mois, renouvelable une fois. Durant cette période, les contrats avec les clients et fournisseurs restent en vigueur, et certaines créances peuvent être temporairement suspendues, le temps d’adapter l’organisation industrielle actuelle. Cette procédure doit permettre à Talendi de redresser sa trajectoire économique. "Ça va être une période difficile, courte, on réduit la voilure (des suppressions de poste vont être discutées avec le CSE, NDLR) mais on reste très positifs et optimistes", prévient Damien Quillet.
Pour les dirigeants d’entreprise présents au rendez-vous annuel du club ETI Bretagne, qui avait comme fil rouge l’inclusion, la pérennité de Talendi en Bretagne, terre de solidarité, est une évidence.