Le groupe finistérien Quéguiner n’en finit plus de grandir. À l’aube de ses 80 ans, il affiche même clairement sa volonté d’expansion à l’Est de la Bretagne et en Loire-Atlantique. Malgré la crise du secteur qui a fait chuter son chiffre d’affaires à 311 millions d’euros en 2024 contre 338 millions en 2023, Clément Quéguiner, son président, vise les 500 millions d’ici trois ans. Un objectif porté par une stratégie d’investissement ambitieuse. "C’est en temps de crise qu’il faut investir", estime en effet celui qui a repris les rênes du groupe familial en 2020.
Pour y parvenir, le groupe Quéguiner, qui investit généralement une quinzaine de millions d’euros chaque année, accélère le tempo et multiplie les projets. À commencer par la distribution de matériaux, avec l'ouverture d'une 45è agence prévue en 2026 à Vitré (35) et l'acquisition, pour 3,4 millions d'euros, de 20 000 m2 de foncier à Vertoux (44) en vue d'y ouvrir une nouvelle agence en 2027.
Nouvelles agences, nouvelles usines, sponsoring…
Cette dynamique d’investissement se traduit également par un renforcement de son assise industrielle, avec un investissement de 15 millions d’euros pour son usine Celtys de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine). Elle sera dédiée à la production de pavés, de blocs de béton et de mousse minérale isolante Airium, cette dernière étant produite en exclusivité pour le groupe Lafarge. Quéguiner porte également cette année la construction d’une nouvelle usine Celtys à Landivisiau, dans laquelle il investit près de 5 millions d’euros pour accroître la production de Rexlan, un béton polymère développé en interne.
Les investissements se font également du côté de la communication, du sponsoring et du mécénat. Au-delà du festival des Vieilles Charrues ou du Stade Brestois dont il est partenaire historique, Quéguiner sponsorise également cette année un Imoca skippé par la navigatrice Élodie Bonafous qui participera au prochain Vendée Globe, partenariat auquel le groupe familial a souhaité associer l’association Les petits princes à travers une opération de mécénat.
"Devenir le leader du béton prêt à l’emploi dans le Grand Ouest"
Mais la véritable actualité de Quéguiner, c’est le rachat imminent d’un autre groupe familial : le bretillien BHR, premier producteur indépendant de béton prêt à l’emploi en France. "Nous sommes entrés en négociations exclusives", annonce Clément Quéguiner. Une étape majeure dans l’expansion du groupe finistérien, qui va lui permettre de tripler son parc de centrales de béton prêt à l’emploi et de renforcer son maillage en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique.
Pour mémoire, BHR, qui emploie 230 salariés, a réalisé un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros en 2023. Des effectifs qui viendront s’ajouter aux quelque 1 165 salariés de Quéguiner et de ses nombreuses filiales : Quéguiner matériaux, Leader Mat, Celtys, Rexlan Europ, Menuiseries de l’Atlantique, Urvoy ou encore Quéguiner transports. Une acquisition de taille, la plus grosse de l’histoire du groupe, qui devrait lui permettre de changer d’échelle. "À travers ce rachat, nous allons devenir le leader du béton prêt à l’emploi dans le Grand Ouest", conclut ainsi Clément Quéquiner.