AFC Promotion est un groupe de promotion immobilière qui emploie aujourd'hui 34 personnes (60 millions d'euros de CA). Sa présidente Alexandra François-Cuxac a présidé la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) à Toulouse avant de prendre la tête de la fédération nationale à Paris. Le siège de son entreprise AFC Promotion est aujourd'hui à Biarritz et le groupe a trois autres bureaux à Toulouse, Bordeaux et Montpellier.
Le Journal des entreprises : Qu'avez-vous pensé de la campagne électorale, les sujets de l'immobilier ont-ils été bien traités ?
Alexandra François-Cuxac : « Curieusement, le sujet du logement a été très peu évoqué lors des débats et dans les articles de presse. C'est pourtant le premier poste de dépense des Français. C'est dommage, cela crée une distance entre les Français et ceux qui gouvernent. Je ne dis pas que c'est un sujet inexistant dans les programmes des candidats, il y a des mesures notamment dans le programme d' Emmanuel Macron, mais ils n'ont pas ou très peu pris la parole sur ce thème lors des débats. »
Quels messages voulez-vous faire passer au nouveau président ?
A.F.C. : « La politique n'est pas mon métier mais, en tant que présidente de la FPI, je veux faire passer des messages au nouveau président et j'ai en tête des propositions très concrètes que j'ai exposées dans mon livre L'immobilier au cœur. Je souhaitais par exemple la création d'un ministère des territoires, pour regrouper la construction, les transports, les communications et couvrir ainsi un maximum de fonctions urbaines. La création du ministère de la cohésion des territoires est un peu en-deçà de cette ambition, mais rapprocher ville et logement est déjà positif. Je préconise aussi une territorialisation accrue des politiques immobilières, pour être au plus près des attentes des citoyens. Il y a encore beaucoup à faire pour lever les dysfonctionnements en matière de production de logements : les délais d'instruction sont trop longs, des PLU non respectés... On observe une recrudescence des recours : 33.000 logements ont été bloqués l'an dernier à cause des recours. Ces derniers ne devraient pas dépasser les six mois. »
Que pensez-vous du remplacement de l'impôt sur la fortune (ISF) par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) dans le programme d'Emmanuel Macron ?
A.F.C. : Je ne partage pas cette vision sur l'ISF. On stigmatise à nouveau la propriété immobilière. Je rappelle que l'acquisition d'un logement neuf est déjà fiscalisé à 27 %, ce qui est colossal, c'est un taux record en Europe. La propriété immobilière n'est pas une rente. C'est de la création de valeur, qui génère des emplois non délocalisables. L'ISF est un impôt qui nuit à l'économie nationale et qui a des effets pervers, dont l'exil fiscal. La priorité et l'urgence aujourd'hui, c'est de rendre l'immobilier plus accessible. »