«Les signes de qualité ne sont pas des joujoux. Ils ont un véritable impact social, territorial, économique.» Jean-Louis Cazaubon, président de l'Institut de la qualité agroalimentaire (Irqualim) de Midi-Pyrénées, est formel. L'organisme, qui agit en faveur des signes d'identification et de qualité d'origine (AOC, Label Rouge, Agriculture Biologique, etc.), vient en effet de rendre public une étude régionale réalisée sur quatre ans. Elle met en évidence les bénéfices engendrés par l'appellation par rapport à un produit générique. «Les résultats montrent l'incidence bénéfique sur la santé financière des exploitations mais également sur l'ensemble du bassin de production, explique Julien Frayssignes, le géographe qui a effectué l'analyse. Le signe facilite le référencement en grande distribution et induit un accroissement des ventes. Organisés en filières, les producteurs sont mieux armés pour affronter les aléas du marché et réagir aux crises. Il est aussi un rempart à la délocalisation et participe à l'attrait touristique d'un territoire.»
Notoriété du produit
Dominique Chambon, producteur de Rocamadour à Lachapelle-Auzac (46) depuis 1987, témoigne: «L'AOP que j'ai obtenue en 1998 m'a permis de ne pas rester cantonné au marché local et de développer et d'asseoir la notoriété du produit au delà. Car le sigle exige le respect d'un cahier des charges qui protège la qualité du fromage, la tradition, les hommes, le troupeau et l'environnement. Depuis 1996, le volume des Rocamadour commercialisés a été multiplié par trois. De plus, l'appellation a occasionné la relocalisation de l'écoulement du lait qui auparavant était vendu en Charente.»
www.irqualim.com- 120 produits bénéficient actuellement d'un signe de qualité (15 sont en cours) - 15.903 exploitations concernées, soit 33% des exploitations - 29.722 emplois concernés
Une enquête de l'Irqualim montre que les signes de qualité induisent des bénéfices, et pas seulement financiers.