C'est l'heure des grandes manœuvres. Certes, la décision concernant la vente des parts de la Société des Aéroports de la Côte d'Azur (ACA) détenues par l'Etat (60%) n'est pas encore intervenue. Pour autant, à Nice, on anticipe déjà la probable privatisation contre laquelle s'élève Christian Estrosi, député-maire de la capitale azuréenne et président de la Métropole Nice Côte d'Azur, propriétaire de 5% des parts de ladite société.
Consultation référendaire
Le 19 février, les Niçois seront consultés via un référendum local pour voter pour ou contre la privatisation de l'Aéroport Nice Côte d'Azur. Pas moins de 45 bureaux de vote répartis sur 23 sites seront ouverts de 8h à 21h. Si l'avis n'est que consultatif, l'édile, qui en appelle à la mobilisation de tous, disposera d'un argument supplémentaire pour s'opposer à ce qu'il considère comme "la spoliation du patrimoine des Niçois et des Azuréens". Et ainsi obtenir plus de poids pour imposer ses vues.
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De son côté, la CCI Nice Côte d'Azur, actionnaire à 25% d'ACA, monte elle aussi au créneau. "Il s'agit d'éviter ce qui s'est produit à Toulouse (passé sous la coupe du consortium chinois Symbiose, ndlr)", insiste Bernard Kleynhoff.
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Et le président de la CCI Nice Côte d'Azur de poursuivre : "Si l'Etat poursuit sa démarche de vente de ses parts de la Société Aéroportuaire, le cahier des charges que doit rédiger l'Agence des Participations de l'Etat jouera un rôle essentiel et doit garantir les conditions de développement durable des Aéroports au service des Azuréens, de nos visiteurs et de la compétitivité de la Côte d'Azur et de nos entreprises." Aussi, la chambre consulaire azuréenne demande-t-elle d'y inscrire un certain nombre "d'exigences". Entre autres, celle qui consiste à assurer la continuité de la stratégie actuelle comme le maintien des projets déjà lancés : la rénovation et l'extension des terminaux (30M€ engagés), la participation à hauteur de 11 M€ à la réalisation de la ligne 2 du tramway de Nice ou encore l'ambition de faire de Nice un leader européen de l'aviation d'affaires. La CCI demande également qu'un projet industriel et social de long terme soit construit et étayé, que l'engagement des futurs acquéreurs dure au minimum 10 ans, interdisant les allers retours purement financiers, que l'Airport-Carbon Accréditation, actant la neutralité carbone de l'aéroport, soit obtenue en 2018 au plus tard et que les actionnaires publics soient associés, indépendamment de leur représentation au capital, à la négociation des grandes orientations stratégiques.