L'humain, la réunion, la cohérence, les emplois et la vie de quartier: voilà le vocabulaire qui revient constamment quand le projet Grenoble presqu'île est abordé, que ce soit par les politiques, les urbanistes ou les industriels. Cet ambitieux projet porte sur une zone de 250 hectares et représente 1,3 Md€ d'investissements sur quinze ans, répartis entre le projet scientifique et universitaire (600M€), le programme d'aménagement urbain (300M€) et les infrastructures (400M€). Sur le plan purement urbanistique, Christian de Portzamparc, l'architecte en chef, relève que pour l'instant ce quartier se caractérise par «une grande avenue sans début ni fin, un monde spécialisé et fermé, sans vie ni habitat». Il veut donc se faire rencontrer «le pôle scientifique, qui est une référence mondiale, avec Grenoble. Les réunir est crucial. Il y a un potentiel formidable pour l'humain, l'environnement et l'épanouissement». Il prévoit de transformer la Presqu'île en entrée de ville, non seulement pour les autos mais aussi pour les piétons, avec un immeuble de cent mètres de haut (NDLR: équivalent à la hauteur des trois tours du quartier de l'Ile verte) qui marquera l'entrée. «Ce sera un repère sur cette grande dimension.» Un nouveau pont reliera le quartier à la ville, ainsi que deux passerelles, et la ligne B du tramway sera prolongée. Les premiers logements sortiront de terre dès 2012.
Emplois industriels
D'un point de vue économique, Jean Therme, directeur du CEA, veut voir émerger un campus d'innovation avec la recherche, l'université et l'économie: «Qui dit innovation, dit économie, dit emplois. L'ambition est très puissante. Nous avons le contenu pour jouer dans la cour des grands campus.» La députée Geneviève Fioraso rappelle que la presqu'île représente le quart des 12Md€ du PIB de la Métro et concentre 13.000 salariés. «L'enjeu? Sauver notre industrie avec l'innovation dans tout le tissu économique et sauver les emplois et leur diversité.» À terme, le site regroupera 25.000 actifs, 10.000 étudiants et 10.000 habitants. Mais «pour l'instant, c'est un lieu austère, un peu un bunker, souligne la députée. Il faut y apporter de la vie et du bazar!» C'est là l'enjeu le plus complexe, comme le rappelle Michel Destot, député-maire de Grenoble. «Nous voulons qu'il y ait une véritable vie de quartier, avec de la mixité sociale et que la population se l'approprie. Ce n'est pas seulement un projet technique.» Ce projet, qui inclut également une dimension de développement durable, s'inscrit donc bien dans une ambition politique de «dessiner le nouveau visage de Grenoble, celui d'une métropole européenne attractive, dynamique et innovante.» Rendez-vous en 2015, année où la plupart des aménagements devraient être terminés.
Aménagement du territoire. Ce projet, à la fois urbain, scientifique, universitaire et économique, représente 1,3Md€ d'investissements.