La structure du futur édifice de plus de 4 600 m² s'élève déjà dans les airs à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône. Il faudra patienter jusqu’à l’automne pour voir l’achèvement de l’unité de recyclage, en vue d’une mise en service en 2026 par Sumika Polymer Compounds.
Implantée depuis 1989 sur la zone industrielle, et filiale depuis 2007 du japonais Sumitomo Chemical Group, l’entreprise emploie 55 personnes dans la fabrication de composés thermoplastiques et élastomères à base de polypropylène, commercialisés sous forme de granulés afin de concevoir des pièces plastiques pour l’automobile, l’industrie ou l’électroménager. "Nous disposons d’une centaine de recettes. Notre métier, c’est de la cuisine !" sourit le directeur du site, Emmanuel Guidon.
Un investissement soutenu par France 2030
Fruit d’un investissement de 15 millions d’euros, appuyé par France 2030 (via l’Ademe) et la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la nouvelle unité va enrichir la palette d’activités de la société en lui permettant de collecter, via des filières qu’elle entend constituer, des déchets et pièces plastiques de véhicules en fin de vie afin de les recycler, grâce à un processus de broyage, de lavage et d’extrusion apte à les remettre dans un circuit industriel pour de nouvelles fabrications.
Aujourd’hui, Sumika Polymer Compounds exploite trois lignes de production réparties sur deux bâtiments pour une production annuelle de 25 000 à 30 000 tonnes de granulés. Une quatrième sera abritée dans l’atelier d’extrusion de la future usine dont la capacité de transformation atteindra les 10 000 tonnes.
Une trentaine d’emplois à la clé
"Nous allons redonner une seconde vie aux produits, explique le président de Sumika Polymer Compounds Europe, Ludovic Seynave. Ce sont des opérations complexes car les matières que nous allons récupérer de différentes sources pourront contenir des métaux ou d’autres types de plastiques comme les polycarbonates, plus délicats à extraire. Mais nous garantirons à nos clients la même qualité que nos granulés issus de matières vierges." Une trentaine d’emplois découlera du projet. Novelige, filiale de Vinci Construction, expert en bâtiments clés en main, supervise la réalisation.
"Un symbole de réindustrialisation"
Coordinateur scientifique et technique de l’Ademe, Bernard Vigne se réjouit de "la dynamique d’économie circulaire" qu’engendre la société sur son secteur. Il se dit convaincu que Sumika s’ouvre "un marché prometteur". Président de l’agence d’attractivité RisingSud qui a accompagné le projet, en plus de l’appui financier de la Région Paca, Bernard Kleynhoff y voit, lui, un dossier "symbole" de la volonté de réindustrialisation du territoire dans une approche conforme aux exigences du Plan Climat déployé par l’institution. "Il répond à l’ensemble de nos besoins pour l’avenir" glisse-t-il. Quant à Jean-Michel Jalabert, vice-président de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, ce dernier se félicite du fait que Sumika Polymer Compounds démontre que le pays d’Arles fait aussi sa place aux développements industriels innovants. En considérant que dans le contexte géopolitique actuel tendu, "l’indépendance [économique] va devenir un enjeu majeur pour notre pays."