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Givaudan, Lecasud, Airbus Hélicopters, les investissements qui marqueront l’année 2026
Région Sud # Industrie # Investissement

Givaudan, Lecasud, Airbus Hélicopters, les investissements qui marqueront l’année 2026

De Grasse à Fos-sur-Mer, de Marseille au Vaucluse, la Région Sud verra se concrétiser à partir de 2026 une série d’investissements industriels et tertiaires. Parfumerie, acier bas carbone, data centers, logistique, santé numérique ou encore aéronautique : grands groupes et ETI engagent plusieurs milliards d’euros et annoncent la création de milliers d’emplois sur leurs implantations régionales.

Sur les 2,7 hectares de la friche occupée par Biolandes jusqu’en 2006 à Grasse, la cheminée fait partie des quelques éléments qui seront conservés dans le projet Givaudan — Photo : Olivia Oreggia

Givaudan, géant mondial des arômes et des parfums, revient à Grasse…

Givaudan, l’un des leaders mondiaux en création de parfums et d’arômes, se prépare à faire son grand retour à Grasse, sur 2,7 hectares abandonnés depuis 2008 et l’arrêt de l’activité de Biolandes, l’un des tout derniers espaces fonciers valorisables. Le groupe suisse y implantera son "centre d’excellence" en matière d’innovation, de recherche et production, dédié aux ingrédients naturels. Les travaux doivent démarrer courant 2026 pour une inauguration espérée en 2027. La quarantaine d’employés de Givaudan, basée à Vallauris et à Mouans-Sartoux (ex-Albert Vieille) y sera regroupée. Une vingtaine d’emplois sera par ailleurs créée au lancement du site. Le groupe n’a pas souhaité communiquer le montant des investissements que représente la construction de ce futur centre.

…et Cosmo International Fragrances y construit son usine

Cosmo International Fragrances a posé la première pierre de sa future usine dédiée à la production d’ingrédients naturels issus de procédés verts pour la parfumerie et la cosmétique. Celle-ci s’étendra sur 2 000 m² et devrait être opérationnelle d’ici la fin 2026. Le projet représente un investissement de plus de 12 millions d’euros et devrait entraîner la création, dans un premier temps, de 12 à 15 emplois. Née en 1976, l’entreprise familiale, dont le siège social est en Floride, compte déjà depuis 2011, un centre de R & D à Sophia Antipolis qu’elle conservera.

Airbus Helicopters investit 600 millions d’euros sur 10 ans

Airbus Helicopters va investir 600 millions d’euros d’ici 2035 pour transformer son site de Marignane, cœur industriel de l’hélicoptère en Europe. Ce chantier colossal, qui concernera 75 % des infrastructures, vise à moderniser lignes d’assemblage, ensembles dynamiques et capacités de peinture, tout en intégrant les standards de l’industrie 4.0. Mais l’impact dépassera largement les murs de l’usine : dans le cadre du pacte Sud Avenir Hélico, l’État (35 M€), la Région Sud (50 M€), la Métropole et les communes accompagneront la filière. Le plan prévoit un pôle de formation à Vitrolles pour 5 000 jeunes, un hub logistique sur le Technoparc des Florides et une amélioration des mobilités, avec un téléphérique reliant d’ici 2029 gare, aéroport et site industriel. Au total, Airbus et ses 250 sous-traitants régionaux pourraient investir près d’1 milliard d’euros, avec à la clé 5 700 emplois d’ici 2032.

Usine Airbus Helicopters à Marignane — Photo : Adrien Daste

GSE livre sa première opération globale, Natura Parc, dans le Vaucluse

GSE livrera fin 2026 Natura Parc, une nouvelle zone industrielle de 26 hectares à Entraigues-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, dont les travaux ont été lancés au deuxième semestre 2025. Estimé à 14 millions d’euros, ce projet, première opération globale du contractant avignonnais, prévoit 18 hectares cessibles destinés aux filières de la naturalité (agroalimentaire, nutrition, arômes, cosmétique). Avec 76 000 m² de plancher répartis en onze lots, le site vise à combiner attractivité économique et exemplarité environnementale grâce à 5,5 ha d’espaces verts, des matériaux biosourcés et 50 % de toitures solaires. Une fois achevé en 2026, Natura Parc devrait accueillir jusqu’à 640 emplois et renforcer l’écosystème agroalimentaire du Grand Avignon.

Issu de la volonté de créer le pendant industriel du technopôle Agroparc, l’objectif de Natura Parc est de rassembler des activités productives prioritaires dans les secteurs de la naturalité, dont l’agroalimentaire sur une zone de 26 hectares — Photo : GSE

Pizzorno Environnement modernise son outil industriel au Muy

Le groupe dracénois Pizzorno Environnement (CA 2024 : 273 M€) investit 27 millions d’euros dans une nouvelle ligne de tri de dernière génération sur son site du Muy, dans le Var, dont la mise en service est prévue fin avril 2026. Installé dans un bâtiment neuf de 3 185 m² (hors annexes) jouxtant le centre actuel, l’équipement intégrera neuf machines optiques, une cabine de pré-tri et une cabine de contrôle qualité. Sa capacité passera ainsi de 8 à 12 tonnes par heure, permettant de répondre aux nouvelles exigences de l’éco-organisme Citeo, qui impose d’ici 2026 le tri de tous les emballages, y compris les plastiques souples. Ce surcroît de performance doit aussi faire du Muy un site de secours régional pour le tri, tout en améliorant les conditions de travail des 65 salariés et en consolidant le service rendu aux 500 000 habitants desservis.

Digital Realty, Marseille force 5

Digital Realty, leader mondial américain des data centers, qui en possède déjà quatre à Marseille, achèvera fin 2026 son cinquième, baptisé MRS5, dans l’enceinte du grand port maritime. Le site, une ancienne friche industrielle sur lequel était notamment implanté un silo à sucre qu’il a fallu dépolluer, aura une capacité de 22 MW et "représentera une capacité de 40 % supplémentaires par rapport à l’ensemble de nos autres data centers à Marseille", explique Fabrice Coquio, président de Digital Realty en France. Il comprendra 12 000 m² de salles blanches pour un montant d’investissement de 300 millions d’euros. Le chiffre de 200 emplois directs est annoncé. La société planche sur MRS6, cette fois à Bouc-Bel-Air. Ce data center aura une capacité de 60 mégawatts sur 20 000 m² et sera potentiellement opérationnel en 2027. Son coût ? 700 millions d’euros.

Varécopôle : premières concrétisations en 2026

Le projet Varécopôle au Cannet-des-Maures, dans le Var, a franchi une étape clé en fin d’année 2024 : le préfet du Var, Philippe Mahé, a déclaré d’utilité publique les travaux et acquisitions nécessaires à la future ZAC de 54 hectares. Courant 2025, la société publique locale Sagep, maître d’ouvrage a pu acquérir les terrains et ainsi engager les premiers travaux, qui permettront de réaliser une première phase d’aménagement en 2026 et qui se poursuivront jusqu’en 2028. Relié à une gare SNCF et un pôle d’échanges multimodal, le site entend attirer des entreprises à forte valeur ajoutée dans les domaines du développement durable, des hautes technologies, et des services tertiaires. Pensé comme une ville dans la nature, Varécopôle mise sur un aménagement respectueux de l’environnement.

Vue aérienne du site où sera implanté Varécopôle, au Cannet-des-Maures, dans le Var — Photo : DR

Marcegaglia : 750 millions d’euros pour un acier bas carbone

À Fos-sur-Mer, le groupe italien Marcegaglia annonce un investissement de 750 millions d’euros pour produire dès 2028 deux millions de tonnes d’acier bas carbone. Repreneur en 2024 du site Ascometal, l’industriel entend moderniser l’usine existante à partir de 2026, porter la production d’aciers spéciaux à 150 000 tonnes et plus que doubler les effectifs, de 320 à 700 salariés. Le projet, qui mobilisera le terminal minéralier du port avec 2 millions de tonnes de ferrailles en entrée et autant de produits en sortie, renforcera l’intégration du groupe sur l’amont de sa chaîne de valeur. Soutenu par l’État et les acteurs locaux, il doit faire de Fos un pôle clé de l’acier décarboné en Europe.

Marcegaglia prévoit de moderniser l’usine actuelle d’aciers spéciaux et d’en construire une nouvelle dans les aciers bas carbone — Photo : Jean-Christophe Barla

Charles et Alice : 7 millions d’euros dans son atelier de Monteux

Charles & Alice, leader des compotes sans sucres ajoutés au rayon frais (570 salariés, 222 M€ de CA en 2024), accélère sa diversification. La PME drômoise a fait son entrée en 2025 au rayon épicerie des GMS avec deux gammes de gourdes de 90 g. Pour soutenir cette innovation, l’entreprise investit 7 millions d’euros dans son site de Monteux, dans le Vaucluse, afin d’accroître de 50 % ses capacités de production d’ici 2026. Avec un packaging jaune vif et des recettes alignées sur les nouvelles attentes des consommateurs, Charles & Alice espère capitaliser sur un marché en forte croissance, où les gourdes représentent déjà 53 % des ventes et où les versions sans sucres ajoutés progressent de 15 % par an.

Virbac construit une nouvelle usine, son plus gros investissement jamais réalisé

Le laboratoire de santé animale Virbac (6 400 collaborateurs dans le monde, 1,397 Md€ de CA en 2024) investit sur son fief de Carros, près de Nice. Fin 2026 sortira en effet de terre Bio5, une nouvelle usine de trois niveaux et 4 500 m2 , pour un investissement de 95 millions d'euros. Hors acquisition, il s'agit-là du plus gros investissement jamais réalisé par le groupe "en une seule fois". Chaque année, 50 millions de flacons de vaccins y seront produits contre 36 à 38 millions actuellement. "Ce bâtiment va nous permettre de nous préparer aux quarante prochaines années", a souligné Habib Ramdani, directeur des affaires financières du groupe.

Visuel de la future usine de vaccins de Virbac à Carros — Photo : Virbac

Omnes Education : un campus marseillais unique en France

Le groupe privé parisien Omnes Education (3 000 salariés, 15 écoles, 400 M€ de CA) et le promoteur Redman Méditerranée, en partenariat avec la Caisse d’Épargne Cepac, ont lancé en 2025 le chantier du futur Campus Omnes Education à Marseille. Situé au cœur de la Porte d’Aix et d’Euroméditerranée, ce campus, d’une capacité de 2 600 étudiants en 2026, veut être un modèle "d’architecture locale et bas carbone". Il est présenté par ses promoteurs comme "le premier bâtiment français de 7 étages recevant du public, construit avec des blocs de terre compressée, conçus à partir de terre collectée localement, selon un procédé mis au point par Filiater", entreprise pionnière de l’écoconstruction située dans les Alpes-Maritimes.

Omnes Education a posé la première pierre de son futur campus marseillais le 23 avril 2025 — Photo : DR

Sumika Polymer Compounds veut recycler toujours plus de plastiques

La structure du futur édifice du japonais Sumika Polymer Compounds de plus de 4 600 m² s'élève déjà dans les airs à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône. Mais ce n’est qu’en début d’année 2026 que cette unité de recyclage sera mise en service. Fruit d’un investissement de 15 millions d’euros, appuyé par France 2030 (via l’Ademe) et la Région Sud, cette nouvelle unité va enrichir la palette d’activités de la société, spécialisée dans la fabrication de composés thermoplastiques et élastomères à base de polypropylène. Elle pourra collecter des déchets et pièces plastiques de véhicules en fin de vie afin de les recycler, grâce à un processus de broyage, de lavage et d’extrusion apte à les remettre dans un circuit industriel pour de nouvelles fabrications. Sumika Polymer Compounds entend passer de 30 000 à 40 000 tonnes de granulés produits par an et créer une trentaine d’emplois.

La construction de l’unité de recyclage de matières plastiques auto de Sumika Polymer Compounds sera achevée en octobre 2025 — Photo : Jean-Christophe Barla

Transcan : deux nouveaux bâtiments pour 125 millions d’euros

Acteur du transport et de la logistique basé à Carros près de Nice, Transcan (419 salariés, CA 2024: 45 M€) comptera bientôt deux nouveaux bâtiments. Le premier, situé dans la Plaine du Var à l’ouest de Nice, s’étendra sur 12 000 m² et permettra à son client Leroy Merlin de rassembler ses activités (réception, stockage, préparation de commandes…). La construction a démarré et devrait s’achever avant l’été 2026, pour un coût de 25 millions d’euros. Un peu plus loi au PAL, le Parc d’Activité Logistique de Nice, c’est un chantier de 100 millions d’euros qui sera lancé pour déconstruire un bâtiment et en ériger un nouveau de 60 000 m² sur plusieurs niveaux, dont la moitié sera commercialisée. Le permis de construire a été accordé. Au moins deux ans de travaux seront nécessaires une fois la première pierre posée.

Franck Cannata est le gérant du groupe Transcan, acteur du transport et de la logistiques basé à Carros près de Nice — Photo : Olivia Oreggia

Lecasud investit sur le temps long dans le Var

La centrale régionale d’achats Leclerc Lecasud (CA 2024 : 1,8 milliard d’euros) investit 100 millions d’euros pour agrandir et moderniser sa plateforme logistique du Luc (Var), dans la zone des Lauves. Le site, qui traite déjà 50 millions de colis par an pour 87 magasins, verra sa capacité portée à 100 camions par jour. Un nouvel équipement, unique en France, permettra de traiter 15 000 colis par heure, contre 4 000 actuellement, et d’accueillir l’ensemble des produits frais de la région. Le projet prévoit aussi la réhabilitation du siège social, faisant passer les effectifs locaux de 450 à 650 salariés. Porté par 54 adhérents de l’enseigne, cet investissement s’accompagne de l’achat de nouvelles parcelles, dont l’ancien centre technique municipal, et s’inscrit dans une stratégie de long terme pour renforcer l’ancrage régional de Lecasud.

Softway Medical : une feuille de route à 50 millions d’euros

L’aixois Softway Medical (1 100 collaborateurs, CA 2024 : 150 M€), éditeur, hébergeur et intégrateur de solutions numériques à destination des acteurs de la santé, devenu une ETI en quelques années, s’est fixé un nouveau cap avec pour horizon, 2030. Soutenu par deux nouveaux actionnaires, Bain Capital et Bpifrance, la feuille de route, baptisée eNov30, "regroupe un ensemble de projets innovants dont l’objectif est d’avoir un impact déterminant sur le secteur de la santé à court et moyen terme", souligne Jean-Baptiste Franceschini, cofondateur et directeur marketing de l’entreprise. Tout l’enjeu pour le groupe est de fournir "une réponse pragmatique aux défis actuels du système de santé" en apportant, par exemple, des solutions d’intelligence artificielle sécurisées aux professionnels de santé. Cette ambition sera soutenue par le recrutement de plus de 150 collaborateurs par an, soit un investissement de 50 millions d’euros sur les prochaines années.

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