Pratique : Dix logiques pour implanter son entreprise
# Immobilier # Conjoncture

Pratique : Dix logiques pour implanter son entreprise

Éric Murgue est président du cabinet Strate et fondateur de la plateforme France-implantation spécialisée dans l'implantation d'entreprises et la recherche d'investisseurs. Par ailleurs intervenant à l'université Jean Monnet de Saint-Étienne, il nous livre dix stratégies types. Laquelle vous correspond le mieux?

Desserrement urbain Pour des raisons diverses (encombrement des villes, difficultés d'expansion, nuisances), l'entreprise quitte son site pour en identifier un autre dans une logique privilégiant un maximum de continuité. Ses éléments vitaux - main-d'oeuvre, clientèle, prestataires externes de types fournisseurs ou sous-traitants - sont préservés quasiment à l'identique.




Mouvements intrarégionaux

Certaines collectivités ne font pas de leurs entreprises une priorité, préférant d'autres options d'expansion. Gênée dans son essor, l'entreprise opte pour une logique de glissement au sein de la zone d'influence de la ville d'origine et sur des distances d'environ 20 à 30km, parfois plus.




Accolement aux zones de marché

Après les logiques de desserrement urbain, les mouvements les plus connus concernent les entreprises désireuses de se rapprocher de leur marché. La stratégie vise à s'accoler physiquement aux zones de clientèles directes ou indirectes.




Recherche de bassin d'emploi spécifique et non saturé

La typologie de certains métiers et les compétences pointues qu'ils exigent vont conduire les décideurs à privilégier des bassins de compétences ouverts, stables et surtout non saturés. Certaines activités manufacturières dont la pratique et le doigté s'inscrivent dans un historique fort, ont par ailleurs "typé" les compétences locales, lesquelles peuvent être - après formation- particulièrement recherchées.




Accès à la ressource naturelle du territoire

Ce point constitue le seul cas de figure où les caractéristiques intrinsèques du territoire motivent la décision d'implantation d'entreprise. Parmi les exemples souvent rencontrés, il peut s'agir de ressources locales propres, de conditions climatiques, des ressources du sous-sol. Aucune dérogation n'est alors possible dès lors que l'entreprise considérée aura nécessairement besoin de ces ressources propres.




Logique d'opportunité totale

Il s'agit en fait d'une "non-stratégie": le dirigeant s'implante sur le territoire dont il est issu et dont il ne sortira qu'exceptionnellement. Dans la plupart des cas, ce lien historique amènera ce dernier à expliquer que ce non-choix de circonstance ne gêne en rien sa dynamique d'expansion. La crise économique a fait émerger un phénomène caractéristique qui conduit le dirigeant à pratiquer l'opportunisme le plus total grâce à de nombreux sites laissés vacants par des entreprises défaillantes.




Installation en zone isolée

La zone isolée n'est jamais très éloignée d'un bassin de main-d'oeuvre, sauf cas exceptionnel. Elle est recherchée par certains managers dont les activités nécessitent une certaine discrétion. Il peut s'agir de processus de fabrication qui doivent rester confidentiels, ou de produits nécessitant une sécurité évidente. Il est assez facile de cibler les activités concernées mais beaucoup plus délicat d'identifier les opérateurs directement impliqués.




Recherche d'un environnement technologique

Cette approche reste sans doute l'une des plus lisibles de la stratégie d'implantation d'entreprise. Elle correspond à une structure à forte valeur ajoutée en recherche de synergies avec d'autres entreprises high-tech, des centres de recherche, des établissements d'enseignement supérieur et autres plateformes technologiques. Les sites considérés sont souvent de qualité supérieure. Ils intègrent toutes les composantes du parc dit technologique, voire du technopôle. Des typologies sectorielles fortes sont souvent constatées.




Intégration de l'entreprise à un environnement tertiaire

La stratégie des entreprises concernées consiste à exploiter un gisement de marché tertiaire, en général celui d'une grande agglomération. L'entreprise est à la fois sujet et objet de cet environnement. L'objectif du dirigeant peut s'inscrire dans des logiques très diversifiées (marché, image, partenariats, complémentarités, etc.). Les localisations concernées peuvent être de simples parcs tertiaires banalisés, des emprises partielles de zones dédiées à des activités de services, des centres d'affaires plus qualifiés, voire des parcs techniques ou technologiques "sectoriellement" positionnés. Dans 95% des cas, ces environnements tertiaires restent intégrés à des zones d'influence urbaine forte.




Logique de localisation selon le réseau ferré

La mise en service du TGV a fortement "impacté" les logiques d'implantation d'entreprise. L'analyse d'une carte isochrone est révélatrice d'une nouvelle perception de l'espace qui conduit le dirigeant à intégrer prioritairement le critère du temps de parcours plutôt que celui de la distance kilométrique. Cette évolution est déterminante dans les logiques d'implantation suivies par les dirigeants. Trois phénomènes en résultent: l'évolution grandissante du TGV est venue encore renforcer le phénomène de polarisation qu'exerce la capitale; la France s'est resserrée à partir de sa capitale permettant de raccourcir les perceptions par rapport à Marseille - Lille - Strasbourg - Nantes. À l'opposé, les perceptions d'autres villes ont été repoussées telles que Brest - Cherbourg - Nice - Pau, ainsi que la quasi-intégralité du Massif Central. Enfin, il est étonnant de souligner que la logique de connexions rapides d'un point à un autre vient renforcer les phénomènes de consolidation des pôles. La conséquence en est le risque que courent les espaces dits "intermédiaires" qui ne captent pas les processus de croissance consécutifs à ces liaisons rapides.

En savoir plus



www.france-implantation.fr

# Immobilier # Conjoncture