Depuis le 1er juillet, la Côte d'Azur est la deuxième destination française à accueillir une ligne commerciale régulière desservie par un Airbus 380. En l'occurrence, celui opéré par la compagnie aérienne Emirates qui chaque jour relie Nice à Dubaï. Au-delà du symbole que représente le plus grand avion de ligne du monde, son arrivée sur le tarmac niçois ouvre des perspectives intéressantes pour l'industrie touristique azuréenne. La preuve par quatre.
Une offre de siège renforcée
Présente à Nice dès 1994, Emirates propose un vol quotidien vers Dubaï depuis novembre 2010. Au total, "ce sont presque deux millions de passagers qui ont voyagé avec Emirates sur cette route, et plus de 200.000 pour la seule année 2016", a rappelé, en mars dernier, Thierry Antinori, vice-président exécutif et directeur commercial de la compagnie. Jusque là opérée en Boeing 777, la liaison bénéficie avec l'A380 d'une augmentation de 44% de sa capacité d'accueil. Soit, précisément, 7.200 sièges par semaine, 380.000 à l'année. "C'est plus que n'importe quelle autre compagnie internationale", s'était alors félicité le dirigeant. Conséquence pour le tourisme azuréen : "L'affluence de la clientèle étrangère devrait encore progresser et contribuer à consolider notre position de leader des destinations régionales touristiques internationales en France", estime David Lisnard, président du Comité Régional du Tourisme Côte d'Azur France. Les touristes étrangers représentent en effet 50 % des séjours de la destination. 28% de ces visiteurs sont extra-européens, ce qui correspond à 1,6 million de personnes.
Une clientèle à fort pouvoir d'achat
La clientèle moyen-orientale a depuis longtemps déjà ses habitudes sur la Côte d'Azur. Elle représente, si l'on y associe celle du Proche-Orient, 138.000 séjours par an (chiffres 2015), soit 2,4% de la totalité des séjours. Elle est surtout caractérisée par son fort pouvoir d'achat, puisque c'est elle qui dépense le plus avec une moyenne supérieure à 200 euros par jour. A titre de comparaison, les clientèles chinoises et russes, elles aussi considérées à forte contribution, dépensent en moyenne 170 euros par jour pour les premières, 130 euros pour les secondes. Quant à savoir si les tensions qui agitent cette partie du monde depuis la mise au ban du Qatar auront des incidences sur sa venue cet été, « à ce jour c'est le statu quo », indique Michel Chevillon, président du syndicat des hôteliers de Cannes, "nous n'avons ni plus de réservation, ni moins. Ce qui est une bonne nouvelle".
L'ouverture au monde
Enfin, la destination desservie, Dubaï, constitue en elle-même un atout supplémentaire pour le tourisme azuréen. Premier aéroport au monde pour le trafic intercontinental (154 destinations), la place dubaïote bénéficie de nombreuses connexions vers l'Asie et l'Océanie, deux destinations grand-courriers qui échappent encore à l'offre directe proposée au départ de la plateforme aéroportuaire niçoise, qui se voient donc renforcées. De manière optimale qui plus est. L'A380 Emirates offrant « une expérience client des plus riches dans l'ensemble des trois classes », selon son vice-président : espace-douche spa, bar lounge, système de divertissement donnant accès à plus de 2.500 chaînes à la demande (et au Wifi)...
Un argument de plus pour l'ouverture d'une ligne avec la Chine ?
Quant à l'Aéroport Nice Côte d'Azur, lui aussi profitera de l'arrivée de ce géant des airs. « On s’est préparé sur plusieurs années pour accueillir cet avion emblématique de façon optimale, tant au niveau des pistes que des passerelles d'accueil », précise Dominique Thillaud, son président du directoire. Lequel y voit « la démonstration de l'attractivité indéniable du territoire, capable de remplir des vols long-courriers internationaux tout au long de l'année ». Un argument supplémentaire à mettre au crédit de la Côte d'Azur et de son aéroport qui bataillent depuis de nombreuses années pour l'ouverture d'une ligne directe avec la Chine.