C’est un détail qui en dit long. Sur les nouveaux logos de Travel Planet figurent désormais des drapeaux : celui de la France bien sûr, celui du Royaume-Uni où elle compte déjà une filiale qui réalise 25 % de son chiffre d’affaires consolidé (118 M€ en 2023 et près de 150 M€ prévus pour 2024), et pour le dernier, celui du Maroc où le spécialiste du voyage d’affaires vient d’ouvrir une filiale.
5 000 dossiers traités chaque jour
Depuis le 1er août dernier, celle dont le siège est à Sophia Antipolis et qui a bien failli être emportée par les effets du Covid sur le tourisme mondial, est également implantée au Maroc. "Historiquement, nous y avions un call center via un partenaire canadien, raconte sa présidente et cofondatrice, Betty Seroussi. Ce n’était pas le nôtre et ce n’est pas dans notre ADN de sous-traiter, mais en France, le service et l’expérience client sont très difficiles, surtout quand on fait du 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. J’ai tenté et c’est trop compliqué." Mais il y a quelques mois, le centre d’appels en question est racheté et avalé par une grande entreprise. Impossible aux yeux de Travel Planet, qui ne pouvait s’imaginer "être un pion dans un très gros call center pour servir nos 120 clients".
Décision est alors prise de créer une véritable filiale avec d’anciens employés "confirmés" et de nouvelles recrues. Dix personnes assurent pour l’heure l’expérience client selon les critères exigeants de la maison qui traite 5 000 dossiers par jour et quelque 50 000 visites quotidiennes, toutes plateformes confondues. D’autres embauches viendront étoffer l’équipe marocaine d’ici la fin 2024. Le groupe compte aujourd’hui 80 personnes au total.
Vers l’Afrique et au-delà
Au-delà, le Maroc fait figure d’emplacement stratégique pour le futur du groupe azuréen. "L’enjeu est de pouvoir aller chercher de nouveaux prospects et de nouveaux contrats en Afrique mais aussi au Moyen Orient, reprend Betty Seroussi. Je pense à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis."
Et ce, à la fois en sa qualité d’agence de voyages d’affaires que d’éditeur de solution pour le voyage, comme elle le fait pour la SNCF en France avec laquelle elle a signé pas moins de cinq contrats.
Logiciel pour le voyage
C’est notamment par la plateforme technologique développée en interne par Travel Planet que se font les réservations groupes, en B to B comme en B to C. "La SNCF est aussi la porte d’entrée pour d’autres opérateurs, souligne Betty Seroussi. Nous savons très bien faire tout ce qui est ferroviaire, et savons faire la même chose avec une compagnie aérienne ou un loueur de voitures, la plateforme est multicanaux. Nous voulons faire ce qu’a fait Amadeus dans les années quatre-vingt : être l’éditeur de solutions référencé au sens large dans le monde du voyage d’affaires. Nous nous laissons 24 mois pour cela." Ainsi a-t-elle déjà identifié des cibles de choix sur son nouveau terrain de jeu, comme Royal Air Maroc ou l’ONCF, l’office National des Chemins de Fer marocain.
L’étape d’après ? "Le monde !", en passant d’abord par le Canada, où Travel Planet a déjà des vues, et les États-Unis, pour terminer par l’Asie. "Et la boucle sera alors bouclée."