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Pour la rentrée du Medef, Patrick Martin veut imposer le primat de l’économie dans le débat public
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Pour la rentrée du Medef, Patrick Martin veut imposer le primat de l’économie dans le débat public

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À l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France, Patrick Martin a listé les trois priorités du Medef pour la rentrée. L’organisation patronale entend réaffirmer la responsabilité et l’autonomie des partenaires sociaux, imposer "le primat de l’économie" dans la décision publique et étendre son influence. Le président du Medef s’est aussi exprimé sur la situation politique.

Patrick Martin lors de la Rencontre des entrepreneurs de France 2024 — Photo : DR

Mobiliser "tous les pouvoirs de bonne volonté", y compris les entreprises. Patrick Martin a lancé la rentrée du Medef le 26 août, à l’hippodrome de Paris Longchamp à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France. Le président de l’organisation patronale, qui a présenté les priorités de son mouvement, estime que "la France ne peut se mettre au point mort, encore moins en marche arrière". Un discours prononcé alors qu’Emmanuel Macron poursuit les consultations en vue de la nomination d’un Premier ministre après la démission du gouvernement le 16 juillet dernier.

Des "gouvernants courageux" attendus

Avant la formation d’un nouveau gouvernement, Patrick Martin a prévenu que "remettre en cause ou suspendre la politique de l’offre, ne pourra qu’accélérer notre déclassement et cela se paiera cash". Pour le président du Medef, la France a besoin de "gouvernants courageux, lucides et expérimentés". Il a également dénoncé certaines propositions "inappropriées, voire dangereuses", comme l’abrogation de la réforme des retraites ou celle de revenir sur la fiscalité du capital. Des critiques déjà formulées à l’occasion des élections législatives anticipées en juillet dernier.

Dans son collimateur également : la proposition de revalorisation du Smic, qui n’est pas pour lui économiquement supportable pour les entreprises. "Érosion des rentabilités, destruction d’emploi, écrasement des grilles salariales, perte de compétitivité de A à Z : les effets seraient ravageurs", met-il en garde. Prétendre compenser ces surcoûts par des prêts publics aux PME/TPE, c’est nous prendre pour des gogos".

"Le paritarisme n’est pas mort"

Parmi les priorités pour l’organisation patronale, Patrick Martin a souhaité réaffirmer la responsabilité et l’autonomie des partenaires sociaux. Une volonté exprimée alors que la dernière négociation entre syndicats et organisations patronales a échoué et n’a pas permis de trouver un accord sur le pacte de vie au travail. "Le dialogue est de qualité, dans les entreprises et dans les branches. Nous avons certes de réels désaccords, sur les retraites ou l’assurance chômage et nous avons échoué sur le nouveau pacte de vie au travail, mais d’autres désaccords ont existé et le paritarisme n’est pas mort", a relativisé le patron du Medef.

Patrick Martin a profité de son intervention pour confirmer aux organisations syndicales sa proposition de "travailler ensemble à la réconciliation de la croissance et des grandes mutations", a-t-il indiqué.

Des perspectives économiques rassurantes

Parmi les autres priorités du Medef, le président du mouvement souhaite pouvoir "imposer le primat de l’économie dans le débat public face aux théories et propositions péremptoires", selon lui. Il a notamment regretté que les derniers débats électoraux n’aient pas traité d’innovation, d’industrie, de formation, de concurrence internationale ou encore des prix de l’énergie. Pour Patrick Martin, il faut "remettre les choses dans le bon ordre".

Toujours en matière de conjoncture économique, le président du Medef estime que les chiffres d’emploi (7,3 % de chômeurs, -0,2 %) et d’activité au deuxième trimestre 2024 sont rassurants et anticipe un effet positif des Jeux Olympiques pour les services au troisième trimestre.

Patrick Martin a également salué "l’immense succès des JO" et souhaité le même avenir aux Jeux paralympiques. L’impact économique des JO n’a pas encore été mesuré à l’échelle macroéconomique mais le secteur de l’hôtellerie a annoncé une hausse de 357 millions d’euros de son chiffre d’affaires sur la période.

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