Avant de modifier la taxation sur les plus-values immobilières, le gouvernement s'est-il réellement soucié des conséquences sur les entreprises? Avec l'application, au 1erfévrier 2012, d'un nouveau délai d'exonération (de 15à 30 ans) et d'une dégressivité de l'abattement moins intéressante au fil des années, toute l'attention s'est évidemment portée sur les propriétaires de maisons et appartements. Et sur le marché des particuliers - comme chez les professionnels de l'immobilier - on a immédiatement senti les effets. Pour autant, ce phénomène, bien réel, masque d'autres conséquences, tout aussi perverses. Et directement liées à la vie des entreprises. En premier lieu, faut-il le rappeler, la loi ne s'applique pas uniquement aux résidences secondaires. Mais aussi aux ventes de murs commerciaux, bureaux ou encore entrepôts; dans la mesure où ce sont des particuliers qui en sont propriétaires. Or, on compte de nombreux patrons de PME qui sont propriétaires de leurs locaux à travers des Sociétés civiles immobilières (SCI) familiales. Et si demain, ceux-ci décident de vendre parce que leurs locaux sont trop petits au regard de la croissance de l'entreprise ou ne sont plus adaptés à leurs besoins, la sanction sera immédiate. Ils devront subir une imposition plus lourde. Or qui dit impôts plus importants, dit capacité d'investissement réduite. Avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur le développement de l'entreprise, sa capacité à innover, à créer de l'emploi,etc. À vouloir trop en faire pour séduire les marchés et conserver notre triple A, c'est aussi la compétitivité de nos PME que l'on risque de mettre à mal. @email
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