Philippe Grillot : «La CCI de Lyon doit aller sur le terrain»

Philippe Grillot : «La CCI de Lyon doit aller sur le terrain»

Le nouveau président de la chambre de commerce et d'industrie de Lyon veut insuffler un nouvel élan à l'institution et la rapprocher de ses ressortissants.

Quelles sont vos priorités? Je souhaite que la CCI de Lyon revienne à sa vocation initiale, qui est d'être au service de ses 67.000 ressortissants. Ce n'est pas une assemblée de notables mais de professionnels du commerce, des services et de l'industrie. Il faut inverser la pyramide: les patrons de la chambre sont les ressortissants sur le terrain!


Comment comptez-vous procéder?

Mes objectifs concernent l'entrepreneuriat et la proximité. La CCI a ouvert ses portes mais cela ne suffit pas: les gens ne se déplacent pas, le Palais les intimide et ils n'ont pas le temps d'y venir. Il nous faut donc sortir pour aller prêcher la bonne parole, expliquer en quoi consistent les services que l'on peut apporter. Nous disposons de huit antennes, auxquelles j'aimerais donner plus d'importance. Nous allons réaliser une cartographie du territoire de la CCI pour identifier les «zones d'ombre» et mettre en place des élus référents dans ces zones ou créer des antennes supplémentaires. Cela sera fait dès le mois de mars.


Avez-vous déjà identifié des zones d'ombre?

Il me semble que la délégation de Tarare est sous-équipée alors que les entreprises et les élus ont une réelle volonté de faire des choses. Il nous faut être présents là où ça bouge! Bien que notre budget soit contraint (NDLR: 50M€, dont financement du centre de formation et de l'EMLyon), il s'agit de mieux répartir le temps/homme sur différents secteurs et activités. Le taux de participation aux dernières élections est de moins de 20%, c'est abominable! Cela ne donne pas de légitimité à une institution comme la nôtre et n'assure pas sa pérennité dans le dispositif national. Mon objectif au bout du mandat de cinq ans est d'atteindre un taux de participation de 40%. Pour cela, il faut être au contact, faire savoir ce dont on est capable de faire.


Quelles actions souhaitez-vous développer?

Il faut renforcer les fonctions transverses. Par exemple dans le domaine de l'international, nous créons une commission qui dépendra du vice-président à l'industrie. Il s'agit d'assurer une bonne coordination entre les mondes de l'entreprise et politique, au travers des collectivités locales et territoriales. L'entreprise crée la richesse mais n'a pas le monopole de la réflexion sur l'économie. Il faut donc échanger, se coordonner, mutualiser les énergies et les idées. Ainsi, avec le Grand Lyon, nous envisageons de nous répartir les fonctions pour que 1+1 fasse trois et non pas 1,5...


Qu'est-ce que la montée en puissance de la chambre régionale va changer pour la CCI de Lyon?


La régionalisation du budget et du personnel ne se fera que dans deux à trois ans

et ne va pas nous bouleverser. Je souhaite que l'on arrive à mutualiser des compétences. Par exemple, si l'on a un expert Asie à la CCI de Lyon, il est inutile de créer ce poste à Grenoble...


Quel bilan tirez-vous du mandat de Guy Mathiolon?

J'ai découvert ici une CCI de qualité, avec la volonté de se tourner vers l'extérieur. Les comptes ne sont pas arrêtés mais la situation paraît saine. Il faut désormais redonner du souffle car la CCI seule, sans harmonie avec les décideurs de son territoire, ne peut rien faire. La CCI a toute sa place, mais rien que sa place!