Quatre anciens de Toulouse Business School (TBS) sur un effectif total de 60 : l'école de commerce toulousaine a trouvé de jolis débouchés chez Kantox ! Cofondée par Philippe Gelis, originaire de l'Aude et lui-même diplômé de TBS (promotion 2003), l'entreprise est venue, en 2011, titiller le secteur bancaire avec de nouveaux services. « Kantox est née d'un constat tiré de nos expériences de consultants : lorsqu'on est une PME-ETI, on se fait maltraiter sur le change, avec des produits complexes, pas adaptés mais très rémunérateurs... pour les banques et les brokers ! D'où notre envie de proposer quelque chose de plus transparent, avec zéro frais caché », résume Philippe Gelis. Depuis Londres (le siège social de Kantox, où travaillent aujourd'hui 10 personnes) mais surtout Barcelone, les trois associés de départ (cinq désormais) planchent alors sur le prototype d'une plate-forme web, mettant en relation des entreprises actives à l'international donc ayant besoin d'échanger des devises. Les choses s'accélèrent en février 2014, avec une première levée de fonds de 6,4 M€ auprès de Partech Venture et Idinvest. Deuxième tour de table en mai dernier, d'un montant de 10 M€ cette fois, destiné à « investir dans les ventes et le marketing, dans la technologie existante et le développement de nouveaux produits, dans le même secteur », annonce le CEO. Et d'ajouter : « Notre idée de départ était de lancer une plate-forme purement transactionnelle mais, de plus en plus, nous sommes amenés à développer des outils - tableaux de bord, suivi des paiements en temps réel, alertes de change personnalisables, etc. - utiles aux entreprises pour leur gestion du change et des paiements internationaux. » Entre 150 et 200 millions de dollars s'échangent ainsi chaque mois via Kantox, qui espère dépasser les deux milliards de transactions à l'automne et atteindre son seuil de rentabilité « dans les tout prochains mois » (chiffre d'affaires non communiqué).
De plus en plus d'ETI utilisatrices
Ses clients ? « Ils sont implantés dans une vingtaine de pays d'Europe, essentiellement sur un axe UK-France-Espagne. » Si Philippe Gelis dit ne pas viser le marché des grands groupes - « ils ont déjà des outils dédiés » -, il constate que « de plus en plus d'ETI utilisent Kantox, alors que nous avions au départ une approche très PME. « Tous les secteurs sont représentés, avec une prédominance des activités technologiques à forte croissance », note Emmanuel Anton. Lui aussi diplômé de TBS (promotion 2011), il a rejoint l'équipe de Kantox à Barcelone en avril 2014 comme responsable middle-office et relation client. Parmi les cibles commerciales de Kantox : le secteur aéronautique, notamment en Midi-Pyrénées. « Nous avons déjà capté une petite filiale d'Airbus mais le potentiel va bien au-delà, maintenant que nous avons cerné les problématiques de ce secteur, notamment en matière de couverture de change », estime Philippe Gelis, confiant sur le fait que « notre ADN TBS devrait nous aider ! » Il n'exclut d'ailleurs pas d'avoir un jour « une petite présence sur Toulouse » mais, à court terme, c'est à Paris que Kantox devrait s'implanter. En 2016, l'entreprise devrait aussi sortir d'Europe : Asie ou États-Unis, la destination n'est pas encore arrêtée.
Ancien de TBS, Philippe Gelis a créé Kantox en 2011. Depuis Londres et Barcelone, il développe des outils de gestion du change et de paiements internationaux pour PME-ETI.