Placée en redressement judiciaire après l'annonce de sa mise en vente par le groupe suisse Petroplus, la raffinerie de Petit-Couronne (Voir p.3) s'est vue attribuer un administrateur judiciaire. Aidés par celui-ci, les salariés: «Lancent des lignes pour contacter tous les repreneurs possibles», explique Yvon Scornet, délégué CGT. Le représentant des salariés précise: «Des projets sont dans les cartons avec études à l'appui mais dont Petroplus n'a jamais voulu. Avec 50M€ d'investissement, on peut rendre la raffinerie intéressante». De source proche du dossier, on explique que le redressement judiciaire a été décidé afin d'empêcher Petroplus de vider les comptes de la raffinerie dont la trésorerie est placée dans des banques en Suisse. Un groupe qui détient des filiales aux Bermudes, mais dont on ne sait pas encore si les 100M€ récemment disparus se trouvent à présent là-bas. Une procédure commune entre les autorités françaises et la Suisse devrait être engagée pour coordonner l'action judiciaire. Dernière rumeur en date, l'intérêt du groupe suisse Klesch, spécialisé dans le rachat d'entreprises, pour la raffinerie. Une option repoussée par Yvon Scornet: «Ce type de groupe vient plutôt pour faire de l'argent et de la casse que pour relancer l'outil industriel».
- L'enjeu