Pas d'objectivité mais une subjectivité désintéressée

Pas d'objectivité mais une subjectivité désintéressée

Arcachon accueillait début octobre la 2e édition des Tribunes de la presse. Deux jours durant lesquels journalistes, sociologues, chercheurs, historiens, ont débattu du rôle des médias et des journalistes dans le débat public. Une des conférences intitulée "Crise financière, crise monétaire: les journalistes ont-ils tout faux?", a attiré mon attention. J'y ai donc assisté avec curiosité, impatiente de savoir si les intervenants, tous d'éminents journalistes économiques, allaient ou non clouer au pilori leur profession! Au final ce fut un peu match nul. Alberto Toscano, le plus français des journalistes italiens, a défendu ses camarades en pointant du doigt la seule responsabilité des politiques. François Leclerc, blogueur spécialiste de la finance, a expliqué que les journalistes économiques avaient failli dans l'explication de choses complexes tandis que Philippe Labarde, ancien directeur de La Tribune, a mis en cause le rôle trop important donné aux experts. Bref, on n'était pas plus avancé. Pourtant à la toute fin de la conférence, la "question qui tue" posée par une lycéenne, a mis tout le monde d'accord: «Que faites-vous de l'impartialité?» Réponse unanime des trois messieurs paraphrasant Hubert Beuve-Méry, le fondateur du Monde: «L'objectivité du journaliste n'existe pas. Il doit plutôt tendre vers une subjectivité désintéressée. C'est au lecteur de faire le tri.»




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