Pas-de-Calais : Un groupe chinois est candidat à la reprise du dentellier calaisien Desseilles Laces
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Pas-de-Calais : Un groupe chinois est candidat à la reprise du dentellier calaisien Desseilles Laces

Un groupe chinois coté en bourse a manifesté hier son intérêt pour la reprise de la société Desseilles Laces, placée en liquidation judiciaire après que le tribunal administratif de Lille lui a demandé de réintégrer trois des cinq salariés protégés licenciés. Des représentants de l'entreprise rencontraient, ce mercredi matin, le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, qui a accordé une poursuite de l'activité durant trois semaines afin de négocier les conditions de cette reprise.

L'incertitude continue de peser sur l'avenir de Desseilles Laces. Même si le dentellier calaisien a finalement suscité hier l'intérêt d'un repreneur, un groupe chinois coté en bourse dont le nom n'a pas été dévoilé, sa situation est loin d'être réglée. Pour mémoire, la société calaisienne est au bord de la liquidation judiciaire suite à la demande faite début décembre aux dirigeants, par le tribunal administratif de Lille, de réintégrer trois des cinq salariés protégés ayant été licenciés il y a deux ans pour motif économique. La raison de cette demande ? Une insuffisance de reclassement selon le tribunal administratif. "Nous avons invoqué un motif économique, décidé par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer : le motif de ces licenciements n'est donc pas discutable", se défend Jean-Louis Dussart, directeur général de Desseilles Laces. Cette demande a mis le dentellier en difficultés : "Ce n'est pas tant la réintégration qui coûte, cela représente près de 160.000 euros par an en salaires. C'est déjà beaucoup dans le contexte actuel mais ce sont surtout les indemnités demandées qui ont un coût, cela représente entre 600.000 et 800.000 euros". L'opération a donc un coût global de près d'un million d'euros pour le fabricant de dentelle.

Une reprise sous condition

Le groupe chinois, seul candidat à cette reprise, a toutefois fait savoir qu'il retirerait sa proposition si les salariés protégés étaient réintégrés. Les trois semaines de prolongation de l'activité permettront donc de finaliser cette offre de reprise et de trouver une solution quant au financement des indemnités des salariés protégés licenciés. "Nous sommes aussi dans l'attente d'une réponse suite à l'appel que nous avons fait face à cette décision du tribunal administratif de Lille, même si aucune date ne nous a été précisée", déclare par ailleurs Jean-Louis Dussart. En attendant le retour de cet appel, la décision du tribunal administratif de Lille n'est pas suspendue.

Un frein dans le développement

Cette décision du tribunal de commerce de Lille intervient alors que Desseilles Laces avait finalisé entre septembre et novembre 2015 une recapitalisation auprès d'une femme d'affaires chinoise, Grace Wang, qui souhaitait rester actionnaire minoritaire. "C'était une chance formidable. Cette personne nous amenait de l'argent, nous étions prêts à redémarrer mais on nous a retiré la perfusion et nous voilà mourants", regrette le dirigeant. Suite à la décision du tribunal administratif de Lille, les dirigeants ont demandé à cette actionnaire de se retirer, sous peine de perdre son argent. En 2015, Desseilles Laces réalisait un chiffre d'affaires de près de 6,5 millions d'euros, avec 74 salariés, pour une perte de quelque 700.000 €. "Nous avons perdu un million d'euros entre 2014 et 2015, en raison de la conjoncture et d'un client qui a copié un de nos modèles et avec lequel nous sommes donc en procès", explique le dirigeant. Le sort s'acharne.


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