Après des années de recherche autour des amidons et du sorbitol, Roquette a réussi à mettre au point, dans le plus grand secret, un isosorbide particulièrement pur, baptisé le Polysorb. Ce plastifiant, élaboré à partir d'amidon de blé et de maïs, s'utilise comme les plastiques ordinaires à base de pétrole. Mais il fait plus que s'y substituer puisque sa pureté (98 à 99,5% selon le produit) lui confère des qualités supérieures, notamment en terme de transparence et de résistance aux UV et à la chaleur.
Qu'il soit utilisé comme thermoplastique ou comme résine durcissable, ses propriétés et son origine végétale en font une alternative avantageuse, dans les polycarbonates, au bisphénol A, déjà interdit dans les biberons et bientôt dans tous les contenants alimentaires. Et à en croire Roquette, les produits n'en seront rendus que plus beaux et plus résistants.
Plus beaux, plus sains
De même, dans le domaine des plastiques souples, Le Polysorb de Roquette sera aussi performant que les phtalates, le risque sanitaire en moins. Cet isosorbide est donc tout indiqué pour les revêtements de sols dans les hopitaux ou les écoles, ou encore dans les fournitures scolaires.
La nouvelle unité, dediée à la production du Polysorb, a été créée sur le site historique de Roquette, à Lestrem. Le montant de l'investissement reste confidentiel, mais il se monte à "quelques dizaines de millions d'euros", selon un responsable développement du groupe. Roquette n'a pour le moment pas créé de postes pour faire tourner cette nouvelle usine, ce sont les équipes qui ont participé au développement du produit qui en assurent la production. Selon la demande, le groupe n'exclut pas de créer une nouvelle unité de production, en France, mais aussi, pourquoi pas, aux Etats-Unis ou en Chine, où il possède déjà des usines de sorbitol.
Présent dans plus de 100 pays, Roquette compte 8.000 collaborateurs. Il affichait en 2014 un chiffre d'affaires de 3,4 Mds€.