Paris Seine Normandie : Rendez-vous manqué?

Paris Seine Normandie : Rendez-vous manqué?

Les acteurs du monde consulaire se sont réunis à Versailles pour la seconde fois afin de porter l'économie au coeur du projet Paris Seine Normandie. Au final, peu d'avancées.

Il y a un an, les CCIT de Rouen, LeHavre, Versailles, paris et les CCIR de Haute-Normandie et de Paris-Île-de-France s'étaient réunies au Palais des congrès de Versailles pour tenter de peser sur les débats de ce qui s'appelait encore «Axe Seine» et faire entendre la voix des entreprises. Pour sa seconde session, le 25septembre dernier, la réunion de l'ensemble des acteurs du monde consulaire, des régions de Haute et Basse-Normandie ainsi que Paris et l'Île de France, a semblé marquer le pas. Pas tant par comparaison avec l'année passée où près de 700 personnes s'étaient déplacées pour assister aux échanges des tables rondes, alors que visiblement cette année le Palais des congrès pénait à faire le plein, mais plutôt parceque la teneur des débats n'a pas permis de dégager de notables avancées.




Peu d'avancées

En effet, les quatre tables rondes proposées autour des filières d'excellence (mobilité, valorisation des déchets, énergie, logistique), du tourisme, de la filière aéronautique et de l'innovation, se sont généralement contentées de rappeler de grandes généralités et de mettre en avant l'existant, fournissant peu d'exemples concrets de réalisations communes entre les territoires sur cet axe à présent nommé «Paris Seine Normandie». Certains invités des tables rondes s'interrogeant eux-mêmes sur l'utilité de cet axe Paris Seine Normandie, à l'image d'Olivier Krempp, président de Bronzavia industrie, s'exclamant, lors de la table ronde sur la filière aéronautique et espace: «Je ne vois pas l'apport de Paris Seine Normandie. Pour l'instant, les bénéfices ne sont pas tangibles». De plus, les élus consulaires se sont inquiétés du niveau d'engagement de l'Etat sur le dossier. Ainsi, Yves Fouchet, président de la CRCI Île de France s'en est-il ému: «Pour avancer, encore faut-il que cette volonté puisse être relayée par l'Etat. En tant qu'élu des Yvelines, j'ai l'impression que l'Etat est aux abonnés absents!» Reconnaissant également que tous les grands dossiers, de la LGV au Canal Seine Nord, sont: «Au point mort. Ces projets essentiels doivent être portés par l'Etat. On ne peut pas travailler de notre côté et ne pas avoir les infrastructures nécessaires». Appelés sur l'estrade pour conclure ensemble les débats, les présidents de CCIT et CCIR ont appelé à agir ensemble pour l'intérêt des entreprises, cultiver l'union des territoires et être pris en considération par le monde politique. Avec plusieurs enjeux phares pour la suite: mettre en place une gouvernance, préparer un plateau technologique et se doter d'une structure de représentation afin de prendre une dimension internationale. Les CCIT ont aussi annoncé leur volonté de créer «Paris Seine Normandie entreprises», ébauche d'une gouvernance regroupant CCIT, chefs d'entreprises, grands comptes, PME et filières d'excellence.



Sébastien Colle

Le Havre Rouen Caen