PAI : Faire du business en Irak, c'est possible !
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PAI : Faire du business en Irak, c'est possible !

Export Fournisseur d'équipements industriels pour les secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique, PAI développe son activité à l'international, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Spécialiste des environnements complexes, la PME s'intéresse à présent à l'Irak.

«Bien sûr, en Irak l'aspect sécurité est à prendre en compte très sérieusement mais il y a des solutions qui permettent de faire du business». Fort de son second voyage en Irak au mois de novembre dernier, Yves Leconte, responsable export chez PAI, PME de 15 salariés implantée à Gonfreville L'Orcher (spécialisée dans la fourniture de matériel industriel pour les secteurs pétrolier, gazier, pétrochimique, agroalimentaire et pharmaceutique) est persuadé du potentiel irakien. «Nous venons de participer à la foire internationale de Bagdad, grâce à une mission organisée par Ubi France dans le cadre du vol inaugural Paris-Bagdad, le premier direct entre les deux pays depuis vingt ans. C'est une foire où de nombreuses sociétés internationales se rendent pour faire leur promotion. Il y a aussi un côté diplomatique destiné à montrer que les sociétés françaises reviennent sur le marché irakien».




Une question de sécurité

Avec deux guerres en vingt ans, l'Irak sort meurtrie de l'une des périodes les plus noires de son histoire. Y faire du business reste donc compliqué notamment pour assurer la sécurité des industriels et entrepreneurs qui tentent de travailler sur place. Point fort du pays, de nombreuses sociétés de sécurité privées se sont développées sur place, avec beaucoup d'Anglo-Saxons et quelques Français. «Les sociétés françaises se démarquent par leur aspect qualitatif, le tout est de trouver une équipe qui corresponde à nos besoins». Car les menaces sont nombreuses: attentats suicides, bombes, enlèvements... «C'est pourquoi il faut se prémunir avec des voitures blindées, la plus grande discrétion possible, des déplacements rapides et courts pour aller d'un endroit à un autre. Mais, travailler avec une société de sécurité sérieuse réduit quasiment à néant ces risques. La sécurité, c'est un coût important à prendre en compte mais sans cela rien n'est possible là-bas».




Comment faire du business?

Sur place, l'ambassade française semble ne pas ménager ses efforts pour aider entrepreneurs et industriels français à poser des jalons

pour l'avenir. Selon Yves Leconte, le jeune ambassadeur en poste, Boris Boillon, qui parle couramment arabe est particulièrement actif: «Il se bat pour aider et faire revenir les entreprises françaises en Irak. C'est quelqu'un de moteur, qui donne envie de s'impliquer». Le vice-président de PAI insiste aussi sur le lien affectif qui existe entre la France et l'Irak, une force pour les négociations futures: «Avant les guerres, la France était un partenaire privilégié de l'Irak. Depuis, nous avons disparu du paysage économique. Le fait de revenir permet de renouer ce lien défait. Car ce sont des pays qu'il faut approcher avec le coeur: soit on aime ce type de fonctionnement et on accepte les risques, soit on n'y va pas». Être présent sur place devient ainsi indispensable pour faire du business, autant que pour se protéger car la situation évolue en permanence: «C'est pourquoi, il faut aller sur place se constituer un réseau, afin d'avoir une bonne connaissance du pays. En allant sur place, on comprend mieux comment ça fonctionne et on découvre le potentiel important de l'Irak. Mais, ce ne sont pas des marchés à court terme, il faut prendre le temps de s'installer». Pour ce qui est des paiements, Yves Leconte assure que ce n'est pas plus compliqué qu'ailleurs, grâce aux lettres de crédits internationales et aux accords passés entre la France et l'Irak. «Nous allons mettre en place une petite structure locale. J'ai senti que l'Irak sortait d'un processus et tente de s'organiser malgré les difficultés. On ressent une aspiration à reconstruire le pays».



Sébastien Colle


www.pai-france.com

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