C'est parfois un repoussoir pour certaines entreprises: ouvrir ses portes à un intérimaire, qui a pour vocation d'enchaîner les missions dans des entreprises parfois concurrentes, c'est prendre le risque de perdre l'exclusivité de son savoir-faire.
Le principe d'égalité de traitement
Des dispositifs permettent de limiter ce risque. Ainsi, n'hésitez pas à éplucher le contrat que vous propose votre agence d'intérim. Certaines d'entre elles prennent en effet en compte la confidentialité, notamment en appliquant le principe «d'égalité de traitement» qui vise à imposer les mêmes obligations et devoirs aux salariés permanents et aux intérimaires: si les collaborateurs liés par un contrat direct avec l'entreprise doivent signer une clause de confidentialité, le travailleur intérimaire doit ainsi en faire de même. Cette disposition n'est cependant pas systématique. Si elle n'est pas présente dans le contrat proposé, c'est donc là encore un dialogue à trois entre agence, entreprise et intérimaire qui se met en place pour déboucher sur une clause de confidentialité dont l'application, comme l'indique la loi, s'impose «même après la rupture du contrat de travail». Par mesure de précaution certaines entreprises préfèrent ne pas laisser d'intérimaires accéder aux aspects sensibles de leur activité. Ce choix nécessite cependant une grande organisation en interne: il s'agit en effet de pouvoir absorber à tout moment les situations de sous-effectif ou de pics de charge grâce à la réaffectation de salariés permanents qui n'interviennent pas en temps normal sur les processus confidentiels, les intérimaires intervenant pour compenser les postes laissés alors vacants. Une stratégie qui assure une confidentialité quasi totale, mais qui nécessite de maîtriser au plus près ses ressources humaines et de les former pour faire face à leurs fonctions temporaires.
Ouvrir ses portes à un travailleur intérimaire, c'est aussi dévoiler une partie de son savoir-faire à un collaborateur très ponctuel. Et pose la question de la confidentialité.