Mathieu Défresnes est le délégué innovation d'Oséo Nord - Pas-de-Calais. Il revient sur la façon dont cetorganisme soutient l'innovation.
À qui s'adressent les aides d'Oséo sur le volet de l'innovation? Nos aides sont susceptibles d'être accordées à toutes les PME de moins de 2.000 personnes. Cela dépend ensuite de leur projet. Ce que nous appelons innovation et que nous finançons, c'est un risque technologique ou technique, qui affiche déjà une bonne visibilité sur le marché. Nous ne finançons par exemple ni d'inventions au sens du concours Lépine, ni d'innovations marketing ou organisationnelles...
Quelles formes ces aides prennent-elles?
Oséo apporte en moyenne 50% des coûts de développement portés par les entreprises dans leur démarche d'innovation sous la forme de subventions ou d'avances remboursables en cas de succès du projet.
En terme de chiffres, que cela représente-t-il?
En 2007, nous avons soutenu 262dossiers dans la région pour un montant total de 16.742k€. 27% de ce montant a concerné le Pas-de-Calais contre 73% pour le Nord. Depuis une dizaine d'années, nous avons une convention avec le conseil général du Pas-de-Calais qui nous alloue chaque année 150.000€ pour abonder des projets sur ce département.
Des événements comme l'année 2008 de l'innovation ou la crise ont-ils changé la donne?
Pour l'année 2008, nous n'avons pas encore de chiffres. Disons qu'Oséo aura pratiquement soutenu le même nombre de dossiers qu'en 2007. En revanche, il y aura une différence en terme de montant: nous étions en dessous de 17M€ d'aides accordées en 2007 alors que nous allons dépasser les 18M€ en 2008.
Comment expliquez-vous cette augmentation?
Malgré la stabilité du nombre de dossiers soutenus, le montant total des aides accordées a augmenté en 2008 car nous avons aidé des entreprises de tailles plus importantes qui avaient des projets plus conséquents.
L'innovation est-elle une solution à la crise?
Oui. En cette période de crise, l'innovation est la condition du succès, voire de la survie de certaines PME. Oséo incite les chefs d'entreprise à mettre tous les moyens nécessaires en R & D pour se différencier et se remettre en marche après la crise. Nous avons cinq chargés d'affaires qui parcourent la région pour rencontrer les entreprises et voir si elles n'ont pas des projets d'innovation qui dorment. Innover est encore un terme qui fait peur et que les PME croient réservé à de très grands projets. Nous nous attachons à dédramatiser l'innovation.