OSE Immunotherapeutics, la biotech nantaise cotée sur Euronext, affiche ses ambitions pour les années à venir : devenir un acteur de référence à l’échelle internationale dans les domaines de l’immunothérapie du cancer et des maladies inflammatoires chroniques. "L’excellence scientifique d’OSE, notre approche collaborative et l’expertise de nos équipes ont été moteur dans la transformation de la société ces deux dernières années, affirme son directeur général Nicolas Poirier. L’heure est venue de bâtir une entreprise internationale plus ambitieuse et de libérer tout le potentiel de création de valeur", annonce-t-il.
Pour accélérer son développement, le Conseil d’administration, présidé par Didier Hoch, envisage ainsi différentes stratégies. "Pour atteindre ces objectifs, déclare-t-il, la société explorera différentes options, notamment le développement des partenariats, les alliances stratégiques, les investissements internationaux et une éventuelle cotation au Nasdaq. Nous construisons l’avenir en façonnant une biotech internationale ambitieuse, portée par l’innovation et créant une valeur durable pour les patients, les collaborateurs et tous les actionnaires".
Deux médicaments prometteurs
Deux médicaments expérimentaux pourraient porter cette montée en puissance : lusvertikimab, destiné au traitement de la rectocolite hémorragique (RCH), et Tedopi®, un vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon.
Le premier a récemment franchi une étape clé avec l’identification, grâce à l’intelligence artificielle, d’un biomarqueur prédictif permettant d’identifier les patients les plus susceptibles de répondre favorablement au traitement. Chez ces patients (environ 30 % des personnes atteintes), les taux de rémission clinique dépassent 50 %, alors que ceux qui ne présentent pas ce marqueur biologique n’enregistrent aucun bénéfice clinique du traitement. Cette avancée ouvre la voie à une stratégie de médecine personnalisée, avec un potentiel de marché estimé à 3 milliards de dollars.
Tedopi®, de son côté, entre dans une phase décisive. Développé pour les cancers du poumon non à petites cellules, il est actuellement évalué dans une étude clinique de phase 3 menée dans pas moins de 144 centres en Europe et en Amérique du Nord. Le recrutement des patients devrait être finalisé fin 2026, pour des résultats attendus courant 2027. Des données complémentaires sont également attendues en 2026 sur des associations thérapeutiques, notamment avec des traitements visant à stimuler le système immunitaire pour lutter contre les cancers de l’ovaire et du poumon.
90 millions d’euros encaissés et plus de 2 milliards en perspective
Au-delà des essais cliniques, OSE mise aussi sur la valorisation de ses programmes en amont via des partenariats industriels. Depuis deux ans, la société a ainsi signé plusieurs accords stratégiques avec de grands laboratoires.
Avec AbbVie, autour du programme ABBV-230, OSE a déjà perçu 44 millions d’euros. Le partenariat pourrait générer jusqu’à 713 millions de dollars de paiements conditionnés aux résultats (jalons), ainsi que des redevances sur les ventes futures.
Avec Boehringer Ingelheim, pour des anticorps monoclonaux, OSE a reçu à ce jour 104 millions d’euros, dont un paiement important de 25,3 millions en 2024. Le potentiel total de l’accord s’élève à 1,1 milliard d’euros.
Avec Veloxis, partenaire sur le programme FR104, les paiements perçus atteignent 13,9 millions d’euros, avec un potentiel additionnel de 315 millions d’euros.
Ces montants, déjà versés ou attendus, renforcent la solidité financière d’OSE. La pépite nantaise a ainsi levé plus de 90 millions d’euros de financements non dilutifs depuis deux ans, c’est-à-dire sans recourir à une augmentation de capital. Quant aux jalons de rentrées financières potentielles à venir, le montant s’élève à plus de 2 milliards d’euros. De quoi passer de l’autre côté de l’Atlantique pour chercher de nouveaux investisseurs.