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"Operating partner est un métier, ça ne se décrète pas"
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Franck Roger dirigeant d’Operating Partners Academy "Operating partner est un métier, ça ne se décrète pas"

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Une école unique en son genre a été créée à Talence, près de Bordeaux. Elle est la seule en Europe à délivrer un certificat d’aptitude à la profession d’operating partner. Ce nouveau métier de soutien aux dirigeants venu des États-Unis se développe en France. Franck Roger, un des associés fondateurs d’Operating Partners Academy, défend une professionnalisation de cette fonction.

Franck Roger a cofondé Operating Partners Academy, basé à Talence (Gironde), avec une dizaine d’entrepreneurs ou investisseurs — Photo : Giovanni Cittadini Cesi_Operating Partners Academy

Qu’est-ce qu’un operating partner ?

C’est une personne expérimentée et qui s’engage auprès d’un dirigeant, majoritairement au sein de PME ou ETI, à un moment clé (cession, hypercroissance, export…). C’est souvent un entrepreneur qui a revendu son entreprise ou un cadre qui souhaite retrouver du sens. La moyenne d’âge des operating partners (OP) se situe entre 47 et 58 ans. Certains ont piloté plusieurs centaines de millions d’euros.

"Ce n’est ni un mentor, ni un réseau, ni un management de transition. C’est une codirection pendant un temps donné pour une mission."

Quelle est la différence avec un consultant ?

Contrairement au consultant qui va livrer un diagnostic, l’OP dresse un état des lieux en challengeant le dirigeant pour déterminer les vrais objectifs. Si un dirigeant dit vouloir augmenter son chiffre d’affaires, est-ce pour préparer une cession, prendre des parts de marché ? Ensemble, ils vont définir les résultats et l’échéance, dont dépend une part de la rémunération de l’OP. L’OP s’engage sur un plan de performances économiques. Ce n’est ni un mentor, ni un réseau, ni un management de transition. C’est une codirection pendant un temps donné pour une mission.

D’où vient ce nouveau métier ?

Il est apparu aux États-Unis après la crise des subprimes en 2008, encouragé par les fonds d’investissement. Les OP sont apparus en France il y a quelques années mais 80 % des écosystèmes les méconnaissent.

"L’erreur pour un candidat est de considérer qu’il a tout vu tout fait. L’OP n’est pas au côté du dirigeant pour lui raconter sa vie mais pour l’aider."

Pourquoi est-il nécessaire de créer une formation alors que précisément les 'élèves' sont des cadres expérimentés ?

D’abord pour ne pas tomber dans les écueils du coaching, qu’on voit aujourd’hui partout, avec tous les profils. Operating partner est un vrai métier, ça ne se décrète pas. Nous sélectionnons les candidats sur entretiens ; il faut un niveau de connaissances suffisant et un ego raisonnable pour adopter la bonne posture. L’erreur pour un candidat est de considérer qu’il a tout vu tout fait. L’OP n’est pas au côté du dirigeant pour lui raconter sa vie mais pour l’aider. Par ailleurs, quelle que soit la mission, certains fondamentaux de très haut niveau sont à maîtriser.

Comment se déroulent les cessions ?

Sur 130 heures (25 % en présentiel) sur six mois pour laisser maturer. Elles se déroulent hors les murs (les premières étaient ainsi à Paris, Lyon et Bordeaux), par promo de 12 personnes maximum. Elles s’achèvent pour chaque OP par une mission en conditions réelles dans une entreprise. C’est la première formation d’Europe certifiante. Nous avons une trentaine d’intervenants, certains anciens négociateurs du GIGN, des OP confirmés ou des dirigeants. On a été cherché des praticiens sur la création de valeur, pas des professeurs. Le contenu est très orienté impact. Il s’agit d’être efficace dès le premier jour.

L’Operating Partners Academy en tant qu’entreprise a été créée en 2024, où en êtes-vous de vos objectifs ?

Notre objectif premier était la rentabilité dès la première année, ce qui est le cas grâce aux cessions déjà réalisées. On devrait être à 5 ou 6 en fin d’année. Nous devrons ensuite pérenniser l’activité avec un maximum de 7 à 8 sessions par an. Les OP restent un marché de niche. Nous sommes déjà sollicités individuellement depuis l’étranger. Nous visons aussi un développement dans les pays francophones (Belgique, Suisse et Afrique).

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