La marque lyonnaise de vins bio Oé (1,39 million d’euros de chiffre d’affaires en 2023, 21 salariés) vient d’acquérir un domaine viticole labellisé AB dans la Drôme. Baptisé Domaine Oé de la Chapelle Saint-Pierre, ce vignoble de 5 hectares promet une production annuelle de 26 000 bouteilles qui s’ajouteront aux 400 000 bouteilles vendues cette année par Oé. La jeune pousse créée en 2015 embouteille et commercialise du vin biologique, végan et sans pesticide, sous sa propre marque. L’entreprise à mission accompagne également les vignerons dans la transition agroécologique, y compris par la recherche de financements, explique son cofondateur François-Xavier Henry qui souhaite ainsi "avoir un impact sur toute la filière".
Une première acquisition à 160 000 euros
L’agroécologie recouvre l’ensemble des solutions qui favorisent le développement de la biodiversité et la régénération des sols. En investissant 160 000 euros dans l’acquisition du domaine drômois, Oé se dote donc d’un démonstrateur accessible aux vignerons, aux écoles et aux citoyens, pour sensibiliser le monde viticole aux bonnes pratiques de l’agroécologie. Le choix de ce domaine ne s’est pas fait par hasard. Convertie en bio en 2023, l’exploitation possède des sols encore pauvres que Oé va s’efforcer de régénérer pour démontrer qu’une transition agroécologique peut-être rapide.
"En trois ans, on voit déjà effets produits sur la récolte et en cinq à dix ans tout un domaine peut être transformé, explique François-Xavier Henry, les vignes deviennent plus résistantes aux maladies et aux aléas climatiques". Seul le mildiou demeure une menace.
Pour promouvoir cette agriculture régénératrice, Oé propose aux vignerons des analyses de sol (recherche de quelque 460 molécules de métaux et pesticides) pour identifier les pistes d’améliorations et définir un plan d’action. En 2024, l’entreprise a accompagné une trentaine de vignerons convertis au bio. Elle espère en compter dix de plus l’année prochaine et 200 d’ici à cinq ans.
Un second domaine viticole en 2025
L’entreprise lyonnaise qui a bouclé une première levée de fonds de 2,5 millions d’euros en juillet 2021 auprès de particuliers et d’investisseurs, espère doubler ses ventes de vin bio en 2025. Elle envisage d’acquérir de nouvelles parcelles agricoles pour planter de la vigne dans le nord de la France où la viticulture est désormais rendue possible par le réchauffement climatique.