Nvidia souhaite faire du site sophipolitain d'Icera son centre de R&D européen. Pour cela, le géant américain des cartes graphiques (4 milliards de chiffre d'affaires) annonce qu'une extension des locaux est en cours. Environ 400m² de bureaux, situés dans le bâtiment d'en face, s'ajouteront aux actuels locaux de Nvidia. Les travaux ont commencé à la fin du mois de janvier et dureront deux à trois mois. L'investissement de Nvidia dans le centre d'Icera, qui compte aujourd'hui 102 salariés, s'accompagne aussi, et surtout, d'une annonce d'embauche de 37 ingénieurs cette année. Une politique de recrutement qui ne devrait pas cesser en 2013, puisque la direction de Nvidia envisage déjà d'embaucher 15 autres personnes.
«Remplacer la 3G»
Tous travailleront cette année sur le développement de la technologie 4G, qui viendra remplacer la 3G d'aujourd'hui, avec une transmission jusqu'à 40 fois plus élevée, selon Fabrice Moizan. « Il s'agit de mettre en place beaucoup de programmes informatiques. Ensuite on simulera le passage de la 3G à la 4G dans toutes les conditions possibles, comme par exemple la vitesse », explique-t-il.
Une histoire commune
En rachetant Icera en juin dernier, Nvidia s'était doté d'un port d'attache à Sophia-Antipolis. La multinationale a désormais posé ses valises dans la technopole azuréenne en investissant dans le centre de recherche et développement qu'Icera avait ouvert en 2005. C'est dans ces locaux que seront testés de nouveaux produits utilisant la technologie 4G, qui devraient arriver sur le marché en 2013. En optant pour Sophia-Antipolis, plutôt que Cambridge (autre site d'Icera), Nvidia a voulu, entre autres, bénéficier d'un environnement favorable à son développement : «Icera a été créée à Sophia-Antipolis parce que des compétences techniques, uniques en Europe, étaient déjà sur place, affirme Fabrice Moizan, vice-président Mobile Communications Sales chez Nvidia. Il y a, ici, un écosystème favorable aux télécommunications et au domaine de la formation. Nvidia y a vu un intérêt». A noter que les deux sociétés se connaissaient déjà puisqu'Icera et Nvidia avaient noué un partenariat technologique ces dernières années. «C'est un gros marché mais un petit monde : Nvidia et Icera avaient des clients en commun. Et puis il y avait très peu de sociétés à racheter dans ce domaine», poursuit Fabrice Moizan, qui se réjouit que l'intégration d'Icera par Nvidia se soit fait aussi vite. «Ce qui est rarement le cas lorsqu'une grosse société américaine reprend une plus petite, ne serait-ce qu'au point de vue de la communication».
Ses recherches sur la 4G permettront à Nvidia d'accéder à de nouveaux marchés d'ici à 2013 et notamment ceux des fabricants d'appareils mobiles type smartphones et tablettes : « C'est le but de l'acquisition d'Icera. Le futur et les opportunités sont dans ce secteur ! ». L'idée est d'intégrer sur un seul composant les processeurs graphiques de Nvidia aux compétences techniques d'Icera, à savoir les modems qui permettent de communiquer avec le réseau 3G et 4G des opérateurs.
Renforcer ses positions
La technologie développée concernera bien entendu les jeux vidéos ou les films à visionner sur smartphones et tablettes. Mais Nvidia pense aussi pouvoir toucher le domaine de la Santé : un médecin pourrait ainsi avoir la possibilité de réaliser un scanner sans que son patient n'ait à se rendre à l'hôpital. Le rachat d'Icera, déjà un acteur majeur dans le domaine des modems 3G et 4G, devrait, permettre à la société de renforcer cette position. L'objectif est clair pour la direction de Nvidia : devenir rapidement l'un des deux meilleurs mondiaux.
NVIDIA
Sophia-Antipolis Fabrice Moizan Effectif : 102 personnes www.nvidia.eu