La société finistérienne Nüri (9 salariés, CA non communiqué), basée à Quimper et spécialisée dans les produits alimentaires à base d’algues (chips, terrines…), s’apprête à boucler une levée de fonds de 700 000 euros. La jeune pousse accueille de nouveaux investisseurs en s’appuyant notamment sur la plateforme de crowdfunding Myoptions du groupe rennais Asteryos. Elle restera, après opération, sous le contrôle majoritaire de son président fondateur, Pierre Le Baut.
Vers une conquête commerciale élargie
Créé en décembre 2020 sous le nom Le Beau Gueuleton, Nüri veut accélérer sa croissance. Une partie des fonds servira à investir dans de nouvelles machines, "pour augmenter notre production d’une dizaine de tonnes", précise Pierre Le Baut. Le reste sera consacré au développement commercial. "Nous disposons de trois gammes de 13 produits que l’on retrouve dans 500 magasins en France. L’intention c’est d’être présent dans 2 000 points de vente d'ici à trois ans." De quoi permettre à la start-up de générer alors un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. Nüri structure son développement autour de deux segments jugés porteurs : les alternatives végétales fibrées, comme les suprêmes de poulets ou les steaks végétaux ; et les ingrédients destinés aux industriels de la conserverie et de la boulangerie-pâtisserie.
Remplacer les additifs industriels
Les produits de Nüri sont déjà référencés en restauration collective (écoles, hôpitaux, administrations) et en grande distribution, dans les réseaux bio comme dans les rayons spécialisés de Carrefour ou Intermarché. Leur particularité ? Ce sont des alternatives végétales à la viande, fabriquées avec des algues issues de Bretagne — notamment de variétés kombu et wakame. Les algues aussi sont utilisées comme substitut naturel aux additifs industriels, "ce qui permet de proposer des produits 100 % clean à un prix abordable, avec une parité tarifaire avec la viande".
Un ingénieur passionné par les algues
Ingénieur industriel de formation, Pierre Le Baut n’était pas destiné à l’agroalimentaire. Sa découverte du potentiel des algues dans l’alimentation humaine a pourtant été décisive. Il insiste sur leurs atouts nutritionnels et technologiques, mais aussi sur les enjeux sociétaux liés au bien-manger : "Nos produits veulent y contribuer de manière concrète et durable." La promesse de Nüri repose sur trois piliers : bio, durable et abordable. Grâce à une technologie de formulation brevetée et à l’intégration d’extraits d’algues développés en interne, la start-up revendique une première européenne : recréer des textures végétales complexes, dotées de fibres comparables à celles de la viande, sans additifs, sans conservateurs, sans gluten, en bio et à coût compétitif.
Un marché en croissance
Le marché des alternatives végétales en France affiche une croissance soutenue : + 8,8 % en valeur entre 2023 et 2024, pour un total estimé à 537 millions d’euros selon le Good Food Institute Europe. Cette dynamique témoigne d’un intérêt croissant des consommateurs pour des produits plus durables.