"Notre objectif est de placer Nice sur la carte de France des investisseurs"
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Jean-Charles Chemin président de Nice Start(s)-Up "Notre objectif est de placer Nice sur la carte de France des investisseurs"

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Nice Start(s) Up rassemble près de 130 jeunes pousses du territoire niçois. Jean-Charles Chemin, son président nouvellement élu juste avant l’été, veut encore étoffer l’association membre de la French Tech Côte d’Azur, et surtout montrer que ce qui se joue localement peut séduire les financeurs parisiens.

Élu président de Nice Start(s)-Up en juin 2024, Jean-Charles Chemin est fondateur et dirigeant de Legapass — Photo : Olivia Oreggia

Dans quelques mois, en 2025, Nice Start(s)-Up, qui a pour but d’accompagner les entrepreneurs dans leur développement, fêtera ses dix ans. Que représente l’association à ce jour ?

Nous fédérons plus de 130 adhérents, représentant quelque 800 emplois et plus de 100 millions d’euros levés. Nous comptons aussi une dizaine d’écoles à nos côtés.

Vous êtes le dirigeant et fondateur de la start-up Legapass et avez été élu en juin dernier président de l’association, quels sont vos objectifs ?

Nous voulons renforcer le nombre de start-up et d’écoles adhérentes, Il y en a plus que cela sur le territoire. Notre vocation est de créer plus d’emplois, que tous ces élèves formés deviennent des employés en CDI. Nous voulons aussi nouer plus de partenariats avec les acteurs économiques de l’écosystème comme nous venons de le faire en cette rentrée avec Initiative Nice Côte d’Azur. Le but est que tout le monde puisse travailler en bonne intelligence, en créant les bonnes connexions, les bons contacts. Nous pouvons être une boussole pour les entrepreneurs, par des retours d’expérience, des conseils pour que nos start-up, petit à petit, aient plus de chances de survivre.

Comment se portent les start-up, sur le plan financier ?

Il y a une vague de fermetures. C’est normal. Quand on démarre une start-up, on a 7, 8, 9 chances sur 10 de la planter dans les trois à cinq ans. Forcément il y a de la casse. Ce qu’il faut regarder, ce sont les créations.

Jean-Charles Chemin entouré des membres du conseil d’administration de Nice Start(s)-Up, dont Camille Léandri, Anthony Novarese, Aymène Kebaili, Alexandra Bréhier, Delphine Garcia, Georges Fritsch, Claude Bernard et Sophie Benyamin — Photo : Olivia Oreggia

Quel est votre rôle sur la question du financement justement ?

L’objectif est de placer Nice sur la carte de France des start-up pour que les investisseurs viennent voir ce qu’il s’y passe. Le nerf de la guerre est là. Il faut qu’on les fasse regarder dans le Sud. Ce n’est toujours pas évident, mais la situation s’améliore. C’est du long terme : nous les avons les bonnes écoles, de solides réseaux d’entrepreneurs, un cadre de vie extraordinaire… Il y a de gens très importants qui viennent passer leurs vacances ou qui ont des résidences secondaires, et ça, il faut arriver à le valoriser pour prospérer ici, sans devoir partir à Paris pour pouvoir se nourrir. Nous ne serons pas tout de suite la Silicon Valley mais il y a des choses à faire.

C’est encore le cas ? Les entrepreneurs niçois doivent forcément aller à Paris pour trouver des investisseurs ?

Souvent oui. Sur les premiers rounds d’une levée, on peut rester en local, au-delà, c’est plus dur. Mais plus il y a de start-up qui montent à Paris, plus les investisseurs commencent à regarder par ici et peut-être qu’ils finiront par se dire que c’est intéressant de sourcer un peu plus tôt ici.

Et plus d’avoir, c’est plus d’emplois. L’équation est très rapide dans une start-up, l’argent entre, crée de l’emploi et ressort, c’est tout de suite de l’investissement et c’est souvent de la matière grise.

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