Où en est la création de SIBAMA, la nouvelle société d’investissement de l’association Business Angels Marne Ardennes ?
Cela faisait quelques années que nous souhaitions créer cette société d’investissement. Nous avons lancé le groupe de travail de création de la SIBAMA lors de notre assemblée générale de l’année dernière. Nous avons mis entre 4 et 5 mois, entre la création des statuts, la formation du groupe de travail, et puis la création de la société qui a été immatriculée en fin décembre. Et aujourd’hui nous sommes en cours de levée de fonds jusqu’à la fin du mois de mars, pour accueillir des business angels qui sont actuellement déjà membres, et des nouveaux business angels SIBAMA.
Quelle somme souhaitez-vous lever pour le lancement du fonds ?
L’objectif, c’est de lever entre 200 000 et 250 000 d’euros la première année, sachant qu’après, nous allons investir la même somme ou plus sur les deux prochaines années. Donc il y a un appel de fonds qui va se faire tous les ans pendant trois ans. À ce stade, 100 000 euros ont déjà été réunis pour cette première levée.
Pourquoi avez-vous décidé de créer ce nouveau fonds ?
C’est une demande des membres de Business Angels Marne Ardennes. Il s’agit d’offrir une promesse de financement plus important pour les start-up qui viennent pitcher. Par ailleurs, nous avons beaucoup de potentiels investisseurs sur le territoire de la Marne et des Ardennes, mais qui n’ont pas forcément l’envie ou le temps d’accompagner les jeunes pousses. Grâce à ce véhicule, ils pourront le faire tout en restant passifs, ou en tout cas en choisissant les moments de la vie de l’entreprise auxquels ils vont participer.
Comment fonctionne cette société d’investissement ?
Le fonds est piloté par des business angels du club. J’en suis le président et nous avons aussi un directeur général pour gérer les opérations au quotidien. Nous nous réunirons pour acter les investissements. L’investissement minimal pour devenir actionnaire de SIBAMA est de 5 000 euros par an sur trois ans. Les investissements faits via le fonds seront mécaniquement associés à la SIBAMA. Donc cela permet aux investisseurs d’avoir le compte rendu du conseil d’administration de la SIBAMA, et le suivi des start-up. Finalement, les business angels SIBAMA ont accès à un suivi assez classique, comme il en existe dans des fonds d’investissement de start-up, mais sans avoir à faire les pitchs. Mais ce n’est pas obligatoire d’entrer dans SIBAMA pour investir : nous laisserons les membres investir s’ils le souhaitent en direct.
Dans quels types d’entreprises allez-vous investir ?
La volonté de notre société d’investissement est d’investir dans trois start-up par an, les trois prochaines années. Sans forcément rentrer dans une thématique. Mais nous aimerions bien soutenir une entreprise dans une optique de capital-développement, une entreprise dont nous pourrions sortir au bout de 6-7 ans. Dans l’idéal, une autre entreprise serait axée sur l’innovation, mais centrée sur des secteurs propres à notre territoire : ce serait une start-up 100 locale. Et, pour la troisième entreprise, nous pourrions nous autoriser quelque chose d’un peu plus risqué. Nous verrons en fonction des projets et des entrepreneurs, mais nous pourrions nous diriger vers une entreprise moins locale, parce que nous avons une coordination sur le Grand Est. Donc peut-être une start-up de Strasbourg, d’Alsace, ou de Lorraine, en fonction des projets.
Quel est le profil des investisseurs du territoire ?
Le fonds est vraiment ouvert à tous ceux qui souhaitent investir. Les profils sont assez variés : il y a beaucoup de chefs entreprises, évidemment, mais dans des domaines variés. Pendant un moment, nous avions beaucoup de retraités. C’est de moins en moins le cas : nous avons beaucoup d’actifs qui ont envie de diversifier leurs activités ou leurs investissements.
Avez-vous déjà ciblé les premières entreprises dans lesquelles la SIBAMA investira ?
Pour l’instant, nous attendons de finir l’instruction des dossiers. Et puis, surtout, nous communiquons avec l’autorisation de l’entrepreneur. Mais effectivement, nous avons déjà quelques entreprises dans les radars. Quasiment deux investissements sur trois sont déjà actés pour cette année.