L'entreprise normande qui exporte dans le monde entier ses moniteurs de contrôle vidéo pour la réalisation de films compte désormais une nouvelle corde à son arc : le son ! Transvideo commercialise en effet depuis plusieurs mois déjà un enregistreur audio de données brutes équipé d'une table de mixage intégrée, le Cantar X3, dont la production jusque-là dévolue à son site grenoblois doit être rapatriée dans l'Eure dès septembre. Un produit que « toute la communauté du son attendait », explique le P-dg Jacques Delacoux, qui s'appuie depuis deux ans sur le savoir-faire de la société iséroise AATON, acteur majeur du secteur racheté en 2013.
Un soutien décisif de la Région et de BPI France
Un rachat qui aura pourtant été difficile à digérer pour la PME implantée à Verneuil-sur-Avre dans l'Eure qui doit en grande partie son rétablissement à un soutien conjoint de la Région Haute-Normandie et de BPI France à hauteur de 200.000 euros. « La situation était préoccupante en début d'année », reconnaît le dirigeant qui souligne « un contexte difficile au niveau international » extrêmement pénalisant pour cette PME atypique qui réalise 90 % de son chiffre d'affaires à l'export. Résultat des courses, Transvideo pourrait presque doubler ses effectifs (actuellement 10 à Grenoble et 20 à Verneuil-sur-Avre) à l'horizon de 5 ans.
James Bond et le Cantar X3
En rachetant AATON, Transvideo a d'abord réveillé « une belle endormie du cinéma français », connue historiquement pour la fabrication des caméras de la « Nouvelle vague ». Devenue un acteur de référence dans le son, l'entreprise grenobloise permet aujourd'hui à Jacques Delacoux de proposer « un concentré de technologie où tout est magnétique », utilisé pour sa première grande sortie sur le dernier James Bond à paraître réalisé par Sam Mendes, « Spectre » !
Deux ans de R & D et 2 million d'euros d'investissement
« C'est une performance qui permet à AATON de conserver sa place dans le monde du cinéma », se félicite le dirigeant. Grâce à un produit qui est « déjà la référence » et qui aura nécessité près de deux ans de développement et un investissement de 2 millions d'euros, Transvideo a enregistré depuis mai 2014 pas moins de cent trente commandes pour un appareil « increvable qui pèse moins de quatre kilos ». Transvideo s'est également équipé en 2015 d'une imprimante 3D «qui assure déjà la production de certaines pièces du Cantar X3 ».
P-dg: Jacques Delacoux; Effectif: 30; CA 2014: 1,5 million d'euros; www.transvideo.eu et www.aaton.com