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Noémie Bessec : "J’ai participé à l’émission Koh-Lanta en tant que cheffe d’entreprise"
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Noémie Bessec : "J’ai participé à l’émission Koh-Lanta en tant que cheffe d’entreprise"

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La Malouine Noémie Bessec dirige plusieurs magasins de maroquinerie en Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor, sous l’enseigne Latitude. Elle a lâché les rênes de l’entreprise familiale pour participer à la nouvelle saison de l’émission de télévision Koh-Lanta, diffusée sur TF1. Une mise entre parenthèses de 50 jours dans laquelle sa casquette de cheffe d’entreprise lui a donné plus d’un atout.

Noémie Bessec, chef d'entreprise à Saint-Malo, a participé à l'émission Koh-Lanta sur TF1, diffusée début 2025 — Photo : A.ISSOCK/ALP/TF1

Un jeu télévisé qui met en avant des candidats aventuriers sur une île déserte à l’autre bout du monde. Le concept du désormais célèbre Koh-Lanta, diffusé sur TF1, a séduit Noémie Bessec, cheffe d’entreprise à Saint-Malo. A 32 ans, elle est à la tête de cinq magasins de maroquinerie Latitude et Parfois (franchise) et d’un site marchand, pour lesquels elle emploie 20 collaborateurs (CA : 3 M€). Compétitrice, sportive, spontanée, elle n’a pas réfléchi plus de quelques minutes lorsqu’elle a postulé pour participer à l’émission. "À la fin de la saison précédente, il y a un an, la production a lancé un appel à candidatures pour le prochain tournage, se souvient-elle. J’ai pris mon PC et répondu à trois questions sur ma personnalité avec ma spontanéité". Très rapidement, la jeune femme est rappelée par la société de production, ALP (Adventure Line Productions).

Plusieurs mois de casting

Mais face à plusieurs dizaines de milliers de candidats, il faut se démarquer, au fil d’un long processus de casting. Elle enchaîne, sur plusieurs mois, les lettres de motivation, les entretiens à distance puis en face-à-face à Paris. "Je crois que c’est mon naturel et ma spontanéité qui ont séduit l’équipe. Et puis mon profil de jeune femme entrepreneuse, au fort tempérament a dû attirer leur attention", analyse Noémie Bessec, également passionnée de voile. Une autre facette de sa personnalité qui a sans doute joué. Ex-sportive de haut niveau, elle a remporté plusieurs titres de championne de France. "J'aime le challenge, le dépassent de soi", ajoute la dirigeante.

Entrepreneure dans le sang

Un tempérament bien trempé, qu’elle a sans doute un peu hérité de sa famille, dont l’histoire dans le paysage du commerce malouin est plus que centenaire. Son père, Bruno Bessec, fondateur il y a tout juste 40 ans cette année, du premier magasin Latitude, est le frère de Philippe Bessec, l’ex-dirigeant des magasins de chaussures du même nom, aujourd’hui dirigés par sa fille Fanny Bessec.

Mais pas question à ce moment-là pour Noémie Bessec de partager en famille ses envies d’aventure. La production l’interdit, pour garder le suspense. "La société de production m’a appelée fin juillet 2024 pour m’informer que j’étais retenue, et que nous partions trois semaines plus tard, ce qui est très court pour s’organiser", raconte celle qui fera partie de l’équipe de l’Ouest dans cette saison baptisée "La Revanche des 4 terres" (les équipes étant au départ constituées de candidats de l’Ouest, du Nord, du Sud et de l’Est). Heureuse de partir, elle devait quand même préparer ses équipes à 50 jours d’absence incompressibles pour les besoins du tournage.

50 jours sans lien avec l’entreprise

Mais là encore, sa participation devait rester confidentielle. "J’ai informé seulement deux personnes de l’entreprise : ma comptable et un des responsables de magasin qui est un peu mon bras droit au quotidien et toujours de bon conseil", explique Noémie Bessec. Ce sont eux qui ont trouvé l’excuse qui lui servira d’alibi pour ces 50 jours : la dirigeante est censée faire l’ascension de l’Himalaya. "Tout le monde m’a crue car j’avais déjà gravi le Kilimandjaro, et je me préparais physiquement pour le marathon des JO de Paris 2024 qui était ouvert à tous." Un marathon qu’elle n’a pas fait, pour cause de départ aux Philippines pour Koh-Lanta.

Être prête physiquement

Sa préparation physique lui a toutefois servi. Dans les trois semaines avant son départ, elle a donc décalé tous ses rendez-vous à venir, et briefé ses équipes. "Je pars du principe que personne n’est irremplaçable. De plus, tous les salariés sont déjà très impliqués et responsabilisés pour gérer des achats, du SAV, des rendez-vous fournisseurs. Je pouvais partir sereine." Noémie Bessec a simplement mangé pour prendre volontairement du poids, afin d’avoir des réserves pour l’aventure de survie, où il est connu que le manque de nourriture est l’une des plus grandes difficultés. "Ce qui joue beaucoup sur place également, c’est le mental, rappelle la candidate. Il faut prendre sur soi."

La stratégie, la stratégie, la stratégie, comme en entreprise

L’autre difficulté était l’aspect stratégique inhérent au jeu. "Là encore il faut prendre sur soi, bien passer socialement auprès des autres", dit-elle. Mais son expérience de dirigeante a fait sa force. "Un chef d’entreprise a l’habitude de recruter, d’animer, de challenger, d’analyser les comportements. C’est ce qui m’a aidée sur Koh-Lanta." Elle a également mis en place des actions sur le jeu, comme elle l’aurait fait pour ses magasins. "En début d’année, vous définissez des objectifs et donc des stratégies pour la croissance du chiffre d’affaires, des actions de fidélisation, etc. Sur le jeu c'est la même chose! Il faut s'allier avec telle personne si on veut franchir une étape, et rester focus en permanence. Dans une entreprise, il faut sans cesse se poser des questions, traverser des périodes difficiles. Il y a beaucoup de parallèles avec l'émission." Noémie Bessec avoue avoir rapporté de cette aventure encore plus de confiance en elle. "Mes collaborateurs s'en sont bien sortis", ajoute-t-elle.

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