C'est très officiellement le 7novembre que le groupe Iranex change d'identité pour devenir Nexira. Une évolution plus stratégique que sémantique pour le spécialiste mondial -et rouennais- de la gomme d'Acacia, utilisée principalement dans l'industrie agroalimentaire (confiseries, boissons...), que résume le directeur général adjoint du groupe, Olivier Houalla: «nous sommes aujourd'hui en ordre de marche pour grossir!» Avec un chiffre d'affaires de 83M€ en 2010 en évolution constante de près de 10% par an sur les dernières années, le groupe dirigé par Stéphane Dondain affiche une santé éclatante et des ambitions certaines.
Edmond de Rothschild au capital
Le rachat des parts de l'entreprise familiale par son actuel Pdg en 2010 aura été le premier signe d'une volonté de développement qui prend aujourd'hui clairement forme. L'opération, conclue à l'époque avec l'entrée au capital à hauteur de 24% de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, donnait au groupe un sérieux appui pour lever des fonds dans le cadre d'opérations de croissance externe à venir. Aujourd'hui, Nexira ne cache plus ses ambitions en la matière: «l'objectif du groupe à cinq ans est d'atteindre les 120M€ de chiffre d'affaires», confirme Olivier Houalla. Objectif qui prend en compte la croissance organique du groupe mais aussi et surtout de nouvelles acquisitions sur des zones géographiques où Nexira est pour l'heure moins présent.
Une acquisition en Inde ?
Et dans le viseur de l'équipe dirigeante, on trouve en premier lieu l'Inde. «Il s'agit d'un marché extrêmement important pour la gomme d'Acacia», explique le dg adjoint. «Et il nous est très peu accessible à l'heure actuelle, d'où notre volonté de nous y implanter rapidement, avant la fin de l'année 2013, par le biais d'une acquisition que nous pourrions ensuite faire évoluer». Le groupe serait prêt à investir 7M€ pour cette opération. Gros consommateur de gomme d'Acacia, l'Inde importe en effet entre 17.000 et 20.000 tonnes par an, contre moins de 15.000 tonnes pour les seuls États-Unis, pays sur lequel Nexira est déjà présent. Le débouché est essentiel pour le groupe industriel normand qui revendique au niveau mondial près de 50% de parts de marché. Mais les investissements de Nexira ne devraient pas se limiter à l'Inde puisque le groupe confirme également sa volonté de renforcer sa présence «sur le continent Nord-Américain», via une acquisition dans le domaine de la nutraceutique (compléments alimentaires), ainsi qu'en Europe où il souhaite investir dans les prochains mois. «La cible idéale? Une entreprise active sur un marché sur lequel nous ne sommes pas présents, avec des capacités de R & D, d'innovation et de production», détaille Olivier Houalla. Démarche qu'avait entreprise Iranex en 2008 avec le rachat du laboratoire Bio Serae, spécialisé dans le développement et la commercialisation d'ingrédients nutraceutiques, principalement à base d'extraits de cactus. Côté normand, le groupe n'est pas en reste puisqu'il a engagé cette année le renforcement des capacités de production de son site de Serqueux qui devraient être portées de 25.000t à 30.000t en 2012 après un investissement de l'ordre de 7M€: «car le marché continue de croître, au-delà de la crise qui touche principalement l'Europe», analyse le dg adjoint. «Et les besoins en ingrédients naturels, non transformés et produits de façon durable sont là». Nexira réalise aujourd'hui 90% de son chiffre d'affaires à l'export.
Réorganisation des filiales
La nouvelle identité du groupe destinée à développer les mutualisations entre ses filiales prend forme avec la création de trois divisions distinctes: Nexira Food (ex-CNI), la branche agroalimentaire; Nexira Health (ex-Bio Serae) pour la santé et le nutraceutique; et Nexira Technology (ex-Nutri Process), spécialisée dans le séchage, l'encapsulation ou la granulation et qui intervient pour le compte de donneurs d'ordres en besoins de capacités de production. Seule Starlight Product (société de négoce), autre filiale du groupe Iranex, ne rejoint pas pour l'heure le nouvel ensemble.
Guillaume Ducable