Le renouvellement de la flotte des bateaux de pêche, voilà un enjeu de taille pour les années à venir. La majorité des navires en activité compte plus de 27 années au compteur. Et parfois même jusqu'à 35 ans! «Ce n'est pas acceptable pour les conditions de travail et la consommation d'énergie», assure Alain Cadec. Le vice-président de la commission pêche au Parlement Européen milite pour que soit inscrit aux fonds européens une enveloppe permettant de renouveler ou moderniser la flotte. «Ce qui ne veut pas dire que cela contribuera à pêcher davantage mais cela servira surtout à préserver une activité durable et responsable.» «Et surtout à donner plus de confort de travail aux pêcheurset donner l'envie aux générations futures», complète Tristan Douard, directeur général de la Scapêche dont la flotte a plus de vingt ans. De son côté, la Région Bretagne a lancé un appel aux investisseurs privés pour abonder un fonds dédié à ce renouvellement de la flotte. Le Fonds Pêche ambitionnait de lever neuf millions d'euros sur trois ans afin d'acheter trois bateaux neufs et deux bateaux d'occasion par an. Sauf que cette initiative n'a pas été jugée «eurocompatible». «Cela entraînerait une distorsion de la concurrence», explique Nicolas Teisseire, voix de la pêche lorientaise et bretonne à Bruxelles. Craignant que le dispositif soit considéré comme une aide d'État, l'obligeant à rembourser l'apport auprès de la Commission, la Région a depuis retiré son appel à manifestation d'intérêt. Pourtant, à l'heure où le coût du gasoil flambe, les pêcheurs sont contraints par l'Europe «de construire des bateaux qui sont un non-sens écologique», selon Nicolas Teisseire. Reste alors encore quelques leviers d'actions sur les techniques de pêche: tracé du chalut, économètre, modes alternatifs de propulsion...
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