Myferrylink : Le conflit se poursuit autour de la question de la dette

Myferrylink : Le conflit se poursuit autour de la question de la dette

Alors que le conflit semblait désamorcé entre d'une part Eurotunnel et sa filiale Myferrylink, et d'autre part la Scop SeaFrance et ses salariés, celui-ci reprend de plus belle sur la question de la dette.

Alors qu'un accord de sortie de crise a été signé par les salariés de la Scop Seafrance, le groupe Eurotunnel et le groupe DFDS le 31 août dernier, le feuilleton calaisien Myferrylink n'a toujours pas fait entendre son clap de fin. Au contraire, un nouveau un conflit est ouvert entre la Scop SeaFrance et le groupe Eurotunnel ainsi que sa filiale Myferrylink, au sujet de leur dette respective.


Eurotunnel réclame 22,7 M€ à la Scop SeaFrance
Le 15 septembre, le groupe Eurotunnel affirmait que : "La Scop SeaFrance doit à Myferrylink un montant de 22,7 millions d'euros, dont 4,8 millions d'euros au titre des pénalités de non-restitution des navires, le reste couvrant les pertes de revenus et les remises en Etat des navires. " Le groupe précise ensuite qu' "à l'inverse, Myferrylink doit à la Scop SeaFrance une créance de 3,5 millions d'euros pour solde de l'achat de capacité, dont 600.000 € ont été versés dans le cadre du protocole de fin de conflit ayant permis la restitution des navires par le liquidateur".


La Scop SeaFrance affirme qu'Eurotunnel lui doit 6,4 M€
Cette version des faits n'a visiblement pas plu au mandataire judiciaire de la Scop SeaFrance, Alexandre Delzenne. Celui-ci riposte ce jour en contestant "avec la plus grande fermeté les allégations telles que résultant de Groupe Eurotunnel dans son communiqué du 15 septembre". D'après le mandataire judiciaire, les arguments présentés par le groupe Eurotunnel sont "très contestables". Il argumente ainsi de son côté : "Groupe Eurotunnel qui avait obtenu la résiliation des contrats d'affrètement à compter du 2 juillet ne peut en aucun cas imputer à la Scop SeaFrance et au liquidateur l'occupation des navires, les dégradations commises et les coûts qui en résultent". Alexandre Delzenne ajoute être par ailleurs confronté au refus de la société Myferrylink, de régler une somme de plus de 6,4 M€ à la Scop. Et de conclure : "C'est donc bien le groupe Eurotunnel qui est débiteur envers la Scop et non pas le contraire comme il tend à le faire croire."


Des salariés et des fournisseurs impayés
Cette situation de conflit n'est pas sans répercussions sur l'économie locale : Alexandre Delzenne affirme que de nombreux fournisseurs de la Scop Seafrance n'ont pas pu être payés à ce jour. Par ailleurs, la Scop n'ayant pu régler les salaires de juillet 20154 jusqu'au 14 août 2015, l'AGS a accepté d'en faire l'avance, avec des réserves. Concernant le versement des prochains salaires, le mandataire judiciaire de la scop déclare : "Indépendamment des actions en justice qui seront engagées, il appartient désormais au groupe Eurotunnel de prendre en charge les salaires de septembre et les indemnités de licenciement de l'ensemble du personnel".