"La fiscalité locale est l’enjeu numéro un de ces municipales", souligne l’entourage de Patrick Martin, président du Medef. Le baromètre publié en décembre par le syndicat patronal confirme une pression fiscale accrue : en 2024, les collectivités locales ont prélevé 38,8 milliards d’euros auprès des entreprises en France, en hausse de 11 % sur trois ans.
Bien que la baisse progressive de la CVAE (désormais gérée par l’État) ait temporairement réduit la charge, les autres impôts locaux repartent à la hausse. Entre 2021 et 2024, les recettes sont passées de 35 à 39 milliards d’euros. En 2024, la Cotisation foncière des entreprises (CFE) a augmenté de 10 %, le Versement mobilité de 8 %, et la Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) de 5 %.
Cette inflation fiscale se mesure en particulier dans les métropoles. Selon le Medef, les sommes versées par les entreprises ont systématiquement augmenté entre 2023 et 2024, dans toutes les métropoles de France. Dans la région, la hausse se monte à 7,9 % à Saint-Étienne, à 7,5 % à Grenoble, à 6,3 % à Lyon et à 5,9 % à Clermont-Ferrand.
De quoi alimenter les débats entre candidats et chefs d’entreprise. En Auvergne-Rhône-Alpes, les organisations patronales réclament une fiscalité locale soutenable et lisible. "Cela pèse lourd pour investir ou croître dans un contexte géopolitique instable, avec une pression fiscale déjà élevée. Nous souhaiterions que les entreprises ne constituent pas la variable d’ajustement des budgets locaux", souligne Cédric Serre, président du Medef Puy-de-Dôme.
Auvergne-Rhône-Alpes : la pression fiscale en hausse dans 91 des 100 plus grandes villes
La région Auvergne-Rhône-Alpes suit la même trajectoire que le reste de la France : la pression fiscale théorique sur les entreprises ne cesse de croître. Parmi les 100 villes les plus peuplées de la région, seulement cinq ont réussi à faire baisser cette pression entre 2021 et 2024 quand 91 l’augmentaient - les données n’étant pas disponibles pour quatre communes.
100 villes classées selon leur pression fiscale théorique
Notre étude classe les 100 plus grandes villes de la région selon leur taux de pression fiscale théorique, un indicateur qui mesure le poids des taxes locales pour une entreprise, exprimé en pourcentage de la valeur de ses locaux, hors optimisations ou exonérations. Ce taux est calculé à partir des taux et des bases de quatre taxes : la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), la cotisation foncière des entreprises (CFE HZ), la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), et la taxe spéciale d’équipement ainsi que la taxe Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations).
Les limites de notre calcul
Théoriquement, ce taux s’applique à la valeur locative des biens pour obtenir le montant des taxes locales. Néanmoins, cette approche a ses limites. Le taux de pression fiscale théorique exclut certaines taxes, comme le Versement mobilité (lié à la masse salariale) ou la Taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM). Par ailleurs, des exonérations existent pour certaines zones ou activités, mais ne sont pas intégrées dans ce calcul. Enfin, certaines collectivités, notamment pour la TEOM, utilisent des critères différents de la valeur locative pour calculer l’impôt. En l’absence de données stabilisées ou complètes dans les sources de la DGFIP, le taux n’a pas pu être calculé.