Quimper tient enfin son multiplexe. Exploité par Cinéville (26M? de CA; 150 salariés), il a été inauguré le 11décembre dernier. Le cinéma, implanté dans le centre-ville au parc de la Providence, représente un investissement de 12M?. L'objectif de fréquentation est de 450.000 spectateurs par an en 2013, 500.000 ensuite. «À Quimper, le potentiel d'augmentation est de 40 à 50%», estime Yves Sutter, directeur général de Ciné ville.L'entreprise possédait déjà un cinéma à Quimper, le Bretagne, qui a fermé ces portes le 4décembre. Sa directrice, Catherine Bossard prend les rênes du multiplexe. Ciné ville compte 8 cinémas dans le grand Ouest et dans le Nord mais un seul en Finistère. La société est cependant l'une des six candidates pour le projet de multiplexe aux Capucins à Brest. Mais Yves Sutter avoue à demi-mot ne plus y croire. Un délai technique a été accordé par Brest Métropole Océane pour que les cinémas retravaillent leurs réponses. La formation d'un groupement de plusieurs candidats est à l'ordre du jour. BMO espère pouvoir choisir le délégataire d'ici février ou mars. Les travaux pourraient commencer au second semestre 2014 pour une ouverture au public fin 2015. Mais tout le monde ne voit pas d'un très bon oeil l'implantation d'un multiplexe au Capucins. «On ne saute pas de joie comme les autres opérateurs à Brest», avoue Sébastien Le Goff, gérant des Studios, rue Jean Jaurès à Brest, ouvert il y a quatre ans. Il estime que le public ne va pas augmenter mais se redistribuer. Quant à se porter candidat: «Un projet de 12M?, c'est au-dessus de nos moyens!»
Un équipement nécessaire
Au contraire, à Quimper, l'ouverture du multiplexe n'est pas forcément vécue comme un drame par la concurrence. «Ce genre d'équipement manquait dans une ville comme la nôtre», reconnaît Stéphane Castro-Villari, gérant du Cinéma des Arcades (CA non communiqué; 7 salariés), sur les quais de l'Odet. Ce qui ne l'a pas empêché de se préparer au changement depuis trois ans. «Nous avons investi un peu plus d'un million d'euros pour refaire les salles, le hall, s'équiper en projecteurs numériques, dont un 3D», indique-t-il. En 2011, année record, les Arcades avaient accueilli 220.000 spectateurs. «Ce ne sera plus le cas, prévoit déjà le gérant. D'autant que nous louons deux salles à la mairie de Quimper et que nous n'en exploitons donc plus que quatre sur six.» Mais le cinéma compte bien fidéliser ses clients en gardant la même programmation et avec un tarif moins cher que son concurrent. «On mise sur un bon rapport qualité prix», ajoute Stéphane Castro-Villari. Et pour Yves Sutter, il y a un public à aller chercher dans la préfecture. «Entre1997 et2011, la fréquentation quimpéroise a reculé de 6% quand celle de l'ensemble des cinémas du Finistère progressait de 40%. Les entrées de la ville ne représentent plus que 18% du total départemental contre 27% il y a quinze ans! souligne-t-il. Alors que, parallèlement, le nombre de films en salles en France a considérablement augmenté. 600 sont sortis en 2011, quand il n'y en avait que 450 dans les années 90.» Le directeur général de Cinéville espère que le nouvel équipement fera venir un nouveau public dans les salles obscures: l'emplacement proche du centre-ville, le parking, le nombre important de salles, leur modernité. Seul bémol à l'ouverture, les cellules vides des restaurants. Hippopotamus et Kergalette devaient s'y installer mais «ils n'ont pas déposé leur dossier en mairie à temps, explique le directeur, visiblement excédé. Je n'exclus donc pas que ce soit d'autres restaurants qui s'installent. On cherche». Basée à Cesson-Sévigné (35), Cinéville a mis les moyens pour attirer le public dans ce premier multiplexe quimpérois: le cinéma compte 10 salles pour un total de 1.987 places. La plus grande peut accueillir 484 personnes devant un écran de 19,20m de base. «Nous avons aussi révisé l'identité visuelle de nos cinémas, avec plus de couleurs. L'accueil a été revisité avec un grand hall. Enfin, au niveau technologique, nous sommes notamment équipés pour la 3D HFR (48 images par secondes au lieu de 24) et un très haut niveau de définition numérique», ajoute Yves Sutter.
Cinémas. Cinéville a investi 12millions d'euros dans la construction du premier multiplexe à Quimper. À Brest, l'opérateur est aussi sur les rangs pour le projet de multiplexe aux Capucins. Les cinémas indépendants s'organisent pour ne pas voir leur public déserter.