Morisse Nayrat : Un repreneur sur les rangs
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Morisse Nayrat : Un repreneur sur les rangs

Métallurgie En difficulté, le spécialiste Rouennais des engrenages et de la mécanique de précision se cherche un repreneur. Le tribunal de Commerce de Rouen a accordé fin août trois mois supplémentaires pour finaliser un dossier de reprise en cours.

Même si la partie est loin d'être gagnée, c'est le soulagement qui prédomine en ce mardi 29 août après la décision du tribunal de Commerce de Rouen d'accorder un délai supplémentaire de trois mois à la PME et à son P-dg, Marc Perignon, pour finaliser un dossier de reprise en cours. L'aventure de Morisse Nayrat, débutée en 1902, aurait pu s'arrêter net au coeur de l'été, après quatre années de tempête. Désormais, celui qui tient les rênes depuis 2005 peut entrevoir une issue plus favorable. « Il y a une offre de reprise qui se précise », reconnaît Marc Perignon qui évoque « un bon contact avec quelqu'un de sérieux que j'apprécie », sans plus de détails. Un dossier freiné par une période estivale traditionnellement atone, auquel les juges consulaires ont souhaité donner une chance d'aller au bout.




Morisse Nayrat, victime de « l'effet ciseaux






»

Les premières difficultés auxquelles le spécialiste de l'engrenage a dû faire face date de 2009. « Nous étions alors en pleine phase de développement, c'était l'euphorie », se souvient même Marc Perignon. L'entreprise embauche, fait l'acquisition de nouvelles machines et décroche dans le même temps le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). « Nous avons alors été victimes de l'effet ciseaux lorsque les premières difficultés sont apparues. Le ralentissement de l'activité industrielle a entraîné une baisse des budgets de maintenance... Rapidement nous avons eu des difficultés de trésorerie et les banques se sont affolées », résume le dirigeant.




« On est seul et fragile »

L'entreprise est déclarée en cessation de paiement en mai 2013. Une décision difficile mais assumée par le dirigeant : « tout cela a une connotation dramatique, on reporte l'échéance au maximum, on n'y va pas spontanément », reconnaît Marc Perignon qui découvre alors une situation totalement inédite pour lui. « Lorsque l'on se met sous la protection de la justice, on est seul, fragile et on est attaqué par tous ceux qui réclament leur dû ». En février 2014, une première étape a été franchie avec la cession à l'entreprise d'Yvetôt Hautot et Fils, de l'activité moteurs de Morisse Nayrat qui comptait six salariés. Une branche qui représentait alors 20 % du chiffre d'affaires de l'entreprise... Mais aussi 65 % des pertes ! En cause, la concurrence des sites internet dans la distribution de pièces automobiles contre laquelle Morisse Nayrat n'est pas de taille à lutter : « je n'avais pas la puissance d'achat suffisante pour bien acheter, et donc pas la capacité d'avoir un stock pour attaquer le marché des particuliers », explique Marc Perignon qui pointe également « la concurrence des auto-entrepreneurs ainsi que du travail au noir qui explose ! » Pour le repreneur, Hautot et Fils, adhérent au premier groupement d'achat français, Precisum, la reprise et la création dans la foulée de l'enseigne de Morisse Nayrat Motors revêt un caractère stratégique. « Elle lui ouvre le marché Rouennais », explique-t-il, « ainsi qu'une position privilégiée sur le Sud de la Seine-Maritime et sur l'Eure où l'entreprise n'était jusque-là pas présente ».




Le dernier tailleur d'engrenages

Aujourd'hui, l'enjeu est clair : sauver l'activité historique d'engrenage qui reste le fer de lance de l'entreprise. « Dans ce domaine nous avons une utilité économique car nous sommes les seuls tailleurs d'engrenages de la région », insiste Marc Perignon qui fait face depuis plusieurs années à une concurrence nouvelle venue d'autres régions, le Nord-Pas-de-Calais notamment, voire d'autres pays tels que l'Espagne. Quoi qu'il en soit, l'ancien cadre de Bouygues Construction ne se résigne pas et évoque même des pistes à l'export ainsi que la mise en oeuvre de nouvelles techniques d'usinage. « Mais je ne veux pas que mon cas personnel devienne un obstacle à la pérennité de l'entreprise », assure celui qui espère passer le flambeau fin novembre à un nouveau repreneur.



Guillaume Ducable

morisse nayrat
(Saint-Etienne du Rouvray) Dgt : Marc Perignon Effectif : 28 CA 2013: 2,8 M€ www.morisse-nayrat.fr

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