Les industriels gagnent-ils en compétitivité avec la dépréciation de l'euro face au dollar ? La question a été posée à des entreprises morbihannaises confirmées à l'export. Pour Bic Sport (120 personnes et 26 M€ de CA), l'entreprise vannetaise qui surfe sur la vague des paddle qui représentent 60 % des ventes, l'euro est un booster
« Un levier plus important que le CICE »
L'international est un terrain de jeu naturel pour Bic Sport : 80 % de son chiffre d'affaires y est réalisé. « Notre marché numéro 1 est américain, le second est en Australie et le troisième en Europe. Si on est exportateur, le cours actuel de l'euro est le plus bel outil que l'on ait », commente Thierry Verneuil, président de Bic Sport. Et d'ajouter que ce levier monétaire est « un levier plus important que le CICE. Cela nous ouvre de bonnes perspectives pour l'avenir. Je pense que la situation perdurera au moins jusqu'à l'horizon 2016. »
Filiales aux États-Unis et en Australie pour Bic Sport
Très internationalisée, Bic Sport compte d'ailleurs depuis 2003 une filiale de distribution à Boston, aux États-Unis avec une quinzaine de collaborateurs en interne et une quinzaine de représentants indépendants. En 2014, elle a poursuivi son maillage avec l'ouverture d'une seconde filiale à Sydney avec six collaborateurs. Engagé dans une bataille de marché avec des concurrents qui importent notamment de Chine, l'industriel profite d'un double effet. Outre la baisse de l'euro, il bénéficie de la baisse du cours du pétrole qui influe directement sur ses matières premières. « En résumé, nos indicateurs sont plutôt vert clair. » L'effet euro agira donc directement sur la compétitivité de l'entreprise.
Avantage incontestable pour BCF
Dans l'univers de la chimie fine, BCF (26 M€ de CA et 115 salariés) est une championne de l'export. 60 % de ses ventes sont concrétisées à l'international. Ses acides aminés gagnent prioritairement le Japon et l'Asie du Sud-Est avant l'Europe et l'Amérique du Nord. Face à des concurrents chinois qui font des affaires en dollar, « la baisse de l'euro est un avantage incontestable de plus. Cet effet se conjugue avec l'aura du made in France pour certains produits comme ceux de BCF. Cela laisse présager d'une croissance continue. »« Nous jouons actuellement à armes égales avec la zone dollar. Cela donne de l'oxygène à nos entreprises mais il ne faut pas que l'État se serve de cela pour arrêter les réformes. Il faut les poursuivre. » Pour celui qui a également été président de la division pet food de Diana, cette embellie doit également être mise à profit par les entreprises « pour passer un cap ou se désendetter. On observe aussi que les grands exportateurs se portent mieux au global. » Le terrain de jeu étant plus grand, ils divisent les risques. Embellie, oxygène, élan, l'ajustement de l'euro annonce des perspectives réelles mais qui demeurent encore difficile à quantifier pour l'heure.